Pour l’occasion, une brigade éphémère réunissant des chefs pâtissiers issus de grandes maisons étoilées Michelin a relevé un défi rare : composer un parcours gastronomique en plusieurs services, où le sucré devenait le fil conducteur exclusif. Aux frontières du salé, du végétal et de l’amer, le dessert s’imposait comme un langage à part entière, au cœur de l’expérience. Étaient réunis autour de cette brigade éphémère Pascal Hainigue de L’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, Jordan Gasco du Chambard à Kaysersberg, Jonathan Bunel de la Villa René Lalique à Wingen-sur-Moder, Kévin Lopes-Reach du JY’S à Colmar, Alexandre Dumel de la Maison des Têtes à Colmar, et Élise Suss du Relais de la Poste à La Wantzenau. En une soirée, les gourmets ont rencontré l’élite pâtissière de la région et dégusté, en douceur, l’équivalent de six desserts, issus d’établissements totalisant dix étoiles Michelin.

©LisaHaller
Thomas Koebel évoque ce projet comme une aventure « un peu folle », portée par une joie presque enfantine. « C’est un rêve. Je suis très bec sucré et profondément admiratif du travail de tous ces chefs pâtissiers. Le projet s’est monté en six mois. » Amuse-bouche et mignardises compris, les convives ont ainsi dégusté dix-huit créations sucrées, formant un parcours cohérent, pensé comme une véritable narration gastronomique. Les accords mets et boissons, pensés avec précision, avaient été élaborés par Étienne Eyer, chef sommelier du Relais de la Poste, apportant à chaque dessert un dialogue subtil et parfaitement équilibré.

Au-delà de la performance collective, cette soirée mettait en lumière une évolution profonde de la gastronomie contemporaine : le dessert n’est plus un simple final, mais un discours à part entière, capable de porter une vision, une technique et une émotion. Le Relais de la Poste s’affirmait ainsi comme un lieu de réflexion et d’expérimentation, capable de fédérer des talents autour d’une vision commune, exigeante et résolument gourmande. Une soirée pensée comme une célébration du dessert dans ce qu’il a de plus libre, de plus gastronomique et de plus contemporain. Cette Grande Soirée des Desserts restera comme un moment rare, à la fois exigeant, généreux et profondément fédérateur, où le dessert s’est imposé, le temps d’une soirée, comme le cœur battant de la gastronomie.




