Quel sentiment domine après votre nouvelle élection ?
La joie et la fierté, parce que j’ai pu réunir une super équipe. Nous avons amorcé une belle réflexion au début de la campagne avec une consultation destinée à connaître les priorités des Haguenoviens, pour savoir ce qu’ils pensaient. On les a écoutés. Et l’on a travaillé, peut-être encore plus que lors des précédentes campagnes. Il ne s’agissait pas juste de gagner une élection, mais de construire quelque chose, de construire le socle de notre travail des six prochaines années.
Quelle est la clé de votre victoire ?
Je crois que les gens ont le sentiment que l’on vit bien à Haguenau…
… Et dans un monde de plus en plus compliqué, inquiétant et violent, vous êtes quelqu’un de rassurant ?
Je le pense, en tout cas l’idée c’était de ne pas inquiéter nos concitoyens. Il faut qu’ils sentent que les élus sont au travail, à l’écoute, que l’ont n’a peut-être pas réponse à tout, mais que nous avons la capacité de trouver ces réponses. Nous avons fait face à beaucoup de crises lors du dernier mandat, et la gestion de ces crises fait partie de la capacité d’un territoire à s’organiser. Là, on est reparti sur une nouvelle crise de l’énergie avec potentiellement une crise du pouvoir d’achat, et nous réfléchissons aux impacts. Que pouvons-nous ajuster dans nos dispositifs ? Pendant la campagne, dans nos propositions, nous avons imaginé des aspects qui n’existaient pas par le passé. Par exemple, l’isolement, l’anxiété pour ne pas dire plus, chez les jeunes, comment on les accueille dans ce monde que l’on peut effectivement considérer comme anxiogène. Montrons que par le travail nous pouvons améliorer la vie des gens.
Vous avez mené une campagne pleine d’enthousiasme, avec la force de l’expérience ?
Oui. Effectivement, l’expérience joue, mais on a voulu renouveler notre équipe. C’est incroyable le plaisir que l’on a pris à rencontrer les Haguenoviens. C’est une chance, un plaisir de travailler avec cette équipe. Moi j’aime beaucoup ça, construire une équipe et lui faire confiance. Aujourd’hui, la direction générale de la ville est renouvelée, le cabinet est renouvelé, et notre équipe d’élus renouvelés proposera des choses nouvelles dès notre première année. Nous sommes fiers de ce que nous avons fait, et maintenant, le travail commence.

Ou il continue ?
Oui, mais je pars du principe que nous avons un CDD de six ans, on connaît la durée. C’est comme les Jeux olympiques, on sait à quel moment il y aura la compétition et un autre match à gagner. Ce qui fait le charme de la vie démocratique, c’est qu’elle n’est pas inscrite à perpétuité. À chaque fois je me pose des questions : est-ce que j’en ai envie, est-ce que j’ai la capacité d’y retourner, est-ce que mon bilan est un atout pour repartir ? J’ai adoré les mandats précédents, on ne serait pas là aujourd’hui si les équipes passées avaient failli, je remercie ceux qui ont travaillé avec moi, parce qu’ils ont donné un, deux ou trois mandats et qu’une vie d’élu empiète sur la vie familiale.
Vous restez vice-président de la région Grand Est. Certains vous accusent de vouloir y laisser l’Alsace, comment réagissez-vous à ces critiques ?
Je pense que les territoires gagnent à travailler les uns avec les autres. Moi, j’ai besoin de travailler avec la maire de Strasbourg comme avec le maire de Sarreguemines ou de Landau. J’ai l’occasion de voyager, de voir des choses ailleurs et de les comparer. Accompagner les autres territoires me nourrit, me donne des idées sur ce que l’on peut faire à Haguenau. Et puis, il faut se souvenir aussi qu’en 2021, il y a eu une élection, que la région aurait pu basculer vers le RN, et que moi, comme élu responsable, je ne voulais pas et je ne veux toujours pas que notre région ou notre ville soit entre les mains des extrêmes, donc c’était ma façon de défendre ma région, pour que sa gestion soit conforme à mes valeurs. Et je laisse à chaque collectivité la responsabilité de gérer ses compétences. Mon combat c’est le service rendu à la population et je ne sais pas si la sortie du Grand Est est la meilleure façon de répondre à ses besoins.
Avec ce discours, certains vous accusent, et cela a été le cas pendant la campagne des Municipales, de faire le jeu du Grand Est, par conséquent d’être contre l’Alsace…
Je ne vois pas en quoi c’est contre l’Alsace. Je tiens beaucoup à l’Alsace, je ne suis pas moins Alsacien qu’avant. D’ailleurs, dans cette campagne, je n’ai jamais parlé autant alsacien, et j’aime ça. Sur ma liste, près de la moitié de mes colistiers parle alsacien.
“J’ai adoré les mandats précédents, on ne serait pas là aujourd’hui si les équipes passées avaient failli”
Donc pour vous le fait que l’Alsace soit dans le Grand Est ne lui enlève rien ?
Je ne vois pas où. Et force est de constater que mon avis n’a pas du tout joué dans ma réélection à Haguenau. Le quotidien des gens est suffisamment compliqué pour que l’on se concentre sur les réponses à leurs besoins. Ne nous divisons pas, nous avons suffisamment de défis à relever.
En 2008, vous aviez 45 ans, aujourd’hui 63. Vous n’êtes plus le même homme !
Effectivement, je suis plus jeune maintenant (rire). Je vous raconte une anecdote : il y a quelques jours, j’étais au marché et une dame me dit « ah vous êtes le fils du maire », je ne savais pas si elle plaisantait, il faisait beau, j’avais une casquette et des lunettes de soleil. J’ai enlevé mes lunettes et j’ai dit « non, je suis le maire » et elle a ajouté « eh bien qu’est-ce que vous faites jeune ». Je crois que l’âge c’est dans la tête, on peut faire beaucoup de choses à 63 ans qu’on n’avait pas envie ou la possibilité de faire à 45. Moi, quoi qu’il arrive, j’aime les défis.
Qu’est-ce qu’a le plus changé en vous depuis 2008 ?
Le fait d’être père. Je pense que si je n’avais pas eu cette chance, je ne verrais pas la vie de la même façon. La vie et la ville, d’ailleurs ! Je suis très heureux dans ma vie privée et dans ma ville.
Considérez-vous que votre vie professionnelle soit une réussite ?
Je ne sais pas si elle est réussie, mais en tout cas elle m’apporte des satisfactions. Je pense que je remplis mes missions, que j’ai un parcours utile pour les autres.




