lundi 5 janvier 2026
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Flo Bauer – Le sang blues

Toute sa famille a la fibre artistique, son grand-père musicien, sa mère et sa sœur jumelle à la tête d’une école de danse et son père devenu son manager et booker… Flo Bauer a écouté de la musique, vu des concerts et joué de la guitare depuis l’âge de 6 ans, dans son Sundgau natal. Il a même enseigné cet instrument à la suite de son mentor Pierre Specker, celui qui lui a permis de figurer sur un premier album et donner des concerts en français, anglais et alsacien. Mais c’est le blues qui a les faveurs du guitariste-chanteur de 28 ans, qu’il exprime aujourd’hui avec le bluesman suisse Philipp Fankhauser, dans son groupe Circle of mud et en solo, comme à Hoerdt en concert le 18 janvier.

D’où vous vient cette passion pour le blues ?

Je suis issu d’une famille qui a une certaine sensibilité artistique, mon grand-père maternel était multi-instrumentiste, il jouait en amateur dans plusieurs formations, il était chanteur. J’ai sans doute un peu hérité de ce don pour la musique de lui, on prenait souvent la guitare ensemble, lui avait un répertoire traditionnel voire folklorique, mais il aimait bien le rock’n’roll et chantait du chewing-gum en anglais (rires).

Quand faites-vous vos premiers concerts ?

J’ai appris la guitare pendant dix ans chez Pierre Specker, une figure incontournable dans le milieu de la musique du Sundgau et aussi de la défense de la langue alsacienne. À 14 ans il m’a proposé d’intégrer son groupe. En parallèle, vers 12 ans, j’avais aussi un groupe de mon âge de reprises rock, on faisait les fêtes de rue et de la musique. Vers 17 ans, j’ai eu envie de plonger plus dans le blues et j’ai créé le Flo Bauer Blues project, un album avec invités qu’on trouve toujours sur YouTube.

Quand avez-vous choisi la voie professionnelle de la musique ?

Pendant toute ma scolarité à Saint-Louis, j’ai joué de manière amateur, mais à 17-18 ans avec le questionnement post-bac, il a fallu prendre une décision. D’un commun accord avec mes parents, qui m’ont toujours soutenu dans mes choix de vie, j’ai décidé d’en faire mon métier et je suis devenu intermittent du spectacle en 2015.

Flo Bauer avec le bluesman suisse Philipp Fankhauser. / ©Ueli Frey
Mais l’aventure The Voice est arrivée avant, en 2014 ?

Oui, il faut quand même la mentionner ! (rires) Je n’ai jamais été attiré par les shows télévisés ni les concours, et je n’ai jamais pensé à m’inscrire à The Voice. Au détour d’un stage de guitare à la Music Academy International de Nancy, par curiosité, je suis allé voir les classes de chant, j’avais 14 ans. Un monsieur gère le cours et me demande d’aller chanter… C’était Bruno Berberes, le directeur de casting, qui repérait de nouveaux talents. Après trois ou quatre étapes de sélection, j’ai eu la chance d’arriver à cette première épreuve télévisée. Mais il fallait avoir 16 ans ! Vu que l’émission était préenregistrée et diffusée après mes 16 ans, on s’est permis cette transgression… Trois coaches sur quatre se sont retournés, dont Garou, mon préféré. Je suis allé jusqu’en quart de finale, et j’ai pu côtoyer des professionnels du milieu, autant Garou que les professeurs de chant et musiciens qu’on ne voit pas, de classe internationale. Évidemment cela ouvre quelques portes, mais il faut avoir conscience que cette émission te met dans la lumière aussi vite qu’elle t’en enlève, un candidat remplace l’autre.

C’est d’ailleurs de là que vous vient votre pseudo Flo ?

Oui, c’était juste Flo à The Voice, on m’appelle Flo Bauer aujourd’hui. Tout le monde m’a toujours appelé Flo, si j’entends Florian, c’est qu’il y a un souci ou que ma mère a quelque chose à me reprocher (rires).

Deux albums signés Flo Bauer sortent en 2015 et 2017, puis c’est la rencontre avec Philipp Fankhauser. Comment arrive-t-il dans votre vie ?

C’est de la chance, mon père avait pris contact avec le guitariste de Philipp, ils jouaient en Allemagne et on est allés saluer tout le groupe. Philipp a été intrigué par un guitariste qui chante, alors il m’a donné sa guitare et s’est assis dans le public. J’ai chanté The Thrill is gone de BB King. Il a continué à m’inviter comme guest sur scène, dont le Montreux jazz festival en 2018, une immense expérience. Puis il y a eu le covid et son guitariste a décidé de s’arrêter. Philipp m’a proposé le poste en 2022. Quasiment tous les week-ends, je suis en concert avec lui, surtout en Suisse, pour un répertoire blues, soul, country, folk.

Flo Bauer joue et chante aussi avec Circle of Mud. / © Sébastien North
Comment est né le groupe blues rock Circle of mud ?

C’était en 2019 à l’initiative de Gino Monachello, le guitariste du groupe. Nous sommes tous alsaciens, il y a aussi Franck Bedez et Mathieu Zirn, deux musiciens de renom, et l’idée c’était que nous composions et que je chante. On sort notre premier album en 2021 avec le label blues référence en France Dixyfrog Records et on fait des concerts, en France, Suisse, Allemagne, Roumanie, des festivals, etc. Et en 2024, un deuxième album, Inside the circle, qu’on défend sur scène actuellement. Ce sont des compos originales en anglais. En 2026, Circle of mud retournera en studio pour un album unplugged, on va réinterpréter certains titres en version acoustique qui sortiront à l’automne avec des concerts.

Comment partagez-vous votre temps entre ces deux groupes et vous en solo ?

Je dirais que je suis à 70-80% du temps avec Philipp Fankhauser, le reste avec Circle of mud, parce que chacun a d’autres groupes. À mon nom, c’est assez rare, d’ailleurs ça crée un peu plus l’évènement à Hœrdt, parce que je viens en solo. Je tiens quand même à me produire seul et dans la région. Ce sera un répertoire assez varié, des reprises de blues, soul, country ou folk que j’aime bien et quelques compos dont celles de Circle of mud. En plus dans une église, ce sera intimiste et proche du public, moi seul avec ma guitare, ce sera assez épuré.

Diriez-vous qu’il est plus dur de percer dans le blues que la pop ou le rap aujourd’hui ?

Évidemment, c’est un choix que j’ai fait de rester fidèle à ce j’aime en tant qu’artiste et quitte à ce que ce soit plus difficile, de défendre vraiment la musique que j’aime. Le circuit est moins lucratif et touche un moins large public. Mais l’essentiel est de se faire plaisir et de le transmettre.

Dimanche 18 janvier à l’église catholique de Hoerdt à 17h, entrée libre, plateau. www.flobauer.fr et réseaux

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