À l’âge de 22 ans, alors qu’il travaillait dans une usine haguenovienne, Manuel Petrazoller a commencé à se former à la saboterie, aux côtés de son beau-père, Rémy Rithié : « Il était sabotier à Soucht (57). Il m’a transmis l’entièreté de son savoir-faire. J’ai appris pendant quatre ans », se souvient Manuel. En 1996, dans le local où il se rend encore quotidiennement pour travailler, le sabotier en herbe s’est lancé à son compte : « J’ai commencé par acheter des machines adaptées. Elles ont la particularité de dater de 1915 à 1920. Ce sont les dernières qui ont été fabriquées. Il n’en existe pas de plus récentes, ça ne se fait plus ». Ensuite, au fil des années, l’assortiment et le magasin se sont développés, selon les moyens et le temps : « Je me remets constamment en question, pour évoluer et continuer à être dans l’air du temps », reconnaît Manuel.

Un métier diversifié
Dans son atelier, Manuel Petrazoller ne fabrique pas uniquement des sabots, « sinon l’activité ne pourrait pas fonctionner », confie-t-il. Le sabotier, avant tout travailleur du bois, fabrique et commercialise tous types d’objets, utiles ou décoratifs : cabanes pour oiseaux, décapsuleurs, flûtes, ustensiles de cuisine, planches à découper, pots, boîtes, etc. Manuel propose également de la personnalisation, en fonction des besoins et envies du client : « Je suis équipé d’une graveuse et d’une découpeuse laser ». Placé sur une route passante, Manuel encourage les passants à s’arrêter, pour découvrir son métier : « Je peux organiser des démonstrations sur rendez-vous ».
Tout au long de l’année, épaulé par sa femme Michèle, le sabotier de Philippsbourg parcourt les fêtes médiévales dans toute la France, comme à Provins, Reims, Sedan ou encore le Puy-en-Velay : « L’été, nous sommes tous les week-ends sur la route ». Ils participent également à des événements locaux à Eschau, Châtenois ou encore Bouxwiller, avec la fête de la sorcière et le fameux marché de Noël.
Pour la petite histoire
Avec Harmonie Begon, designeuse, Manuel Petrazoller a participé au Trophée des initiatives FIBOIS 2024, porté par le Parc régional des Vosges du Nord et financé par la région Grand Est. Le Nid de pin, un refuge en bois pour les mésanges, a tapé dans l’œil du jury et a remporté le concours. Tous les exemplaires ont été vendus, mais Manuel a prévu d’en produire à nouveau.



