mardi 10 février 2026
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Schwabwiller. Les gîtes apportent de l’eau au moulin

Depuis 1693, des générations de meuniers se sont succédé au moulin de Schwabwiller, jusqu’à ce qu’Edwin Schneider cesse son activité en 1970. Dixième génération, sa fille Édith a commencé à redonner vie aux bâtiments en 2019 avec l’ouverture d’une chambre d’hôte puis de gîtes.

Elle est née à Haguenau en 1956, et à cinq jours, elle est venue habiter au moulin. Depuis, Édith ne l’a plus quitté et veut remettre « du rythme entre ses murs ». Elle explique : « Depuis que mon père a arrêté de faire de la farine et des aliments composés en 1970, la maison en a pâti, il n’y avait plus ce va-et-vient, ce Schwung comme on dirait en alsacien pour rythme ». Photographe et décoratrice de vitrines, elle a beau avoir installé son studio au rez-de-chaussée dans les années 80, « la maison ne respirait plus : les murs sont comme nos cellules, ils sont imprégnés d’histoires et cela a son importance ».

Dans la Stub de 1693, la décoration rappelle l’Alsace. / ©sb
Des histoires de famille

À l’extérieur, des photos incrustées dans la façade rappellent l’histoire du lieu. « Avant 1693, c’était déjà un moulin, rapporte Édith, mais la guerre de Trente Ans l’a ruiné. Il y a eu des faillites et des incendies aussi, mais depuis qu’il appartient aux Schneider, rien de tout cela ! » Une partie des bâtiments a été revendue à une société allemande de semences et aliments pour le bétail. Le reste va changer de nom puisqu’Édith s’est mariée avec Hubert Wackenheim…

Récupération et restauration d’objets anciens font le charme des chambres. / ©SB

« Il y a eu des histoires de famille belles et moins belles, se rappelle-t-elle. Trois frangins sont partis en Amérique avant 1870, deux sont revenus et ont planté des arbres aujourd’hui centenaires qui nous servent de parasols… » La propriétaire se souvient que la grande roue du moulin a été enlevée en 1924, et des turbines qui tournaient encore quand elle était petite. « Mon délire, c’était de grimper dans le monte-charge avec les sacs de céréales de 110 kg. Je m’asseyais dessus et les gens tiraient la corde, je l’ai fait des milliers de fois ! »

La famille Schneider au complet en 1904, le père d’Édith est le bébé à droite. / ©DR
Le carrelage a plus d’un siècle

Alors quand l’heure de la retraite a sonné pour Édith et son mari Hubert, ils ont commencé par transformer une aile de la maison en chambre d’hôtes. Les pierres de fondation du 17e siècle sont visibles dans la cuisine, le carrelage a plus d’un siècle—« Ils fendaient le bois dessus pendant la guerre » montre Hubert—et une poutre porte la trace d’une lampe à pétrole. Les plafonds et les portes sont bas, et le couple a le goût de la récupération, comme des lattes ou des volets devenus paravents ou commode, et de la restauration de vieux meubles. Dans son ancien studio, Édith s’attaque au troisième gîte, dont la déco rappellera son métier : « J’ai fait des montages photo et une crédence où ma petite-fille—la douzième génération !—lèche une assiette ». Un quatrième gîte est en préparation par le fils du couple, dans l’espace de stockage des grains, avec ses rouages qui sortent du plafond…

Édith, son frère et sa cousine dans la cour du moulin quand les aliments composés étaient encore commercialisés. / ©DR

Et, « comme dans toute transformation, on espère trouver un trésor… C’est une histoire vraie, à l’époque, les banques n’existaient pas. Un meunier est mort sous la torture sans qu’on sache s’il avait révélé la cachette de ses pièces d’or et d’argent… » Autant d’histoires qu’Édith et Hubert racontent aux touristes de passage. Originaires de 300 km à la ronde,
« ils viennent chercher le calme chez nous, il paraît qu’on dort bien ici ». Cigognes, lièvres ou brocards accompagnent leurs rêves, bercés par le chant de l’eau…

Infos www.bonheuraumoulin.com, 0607377042

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