« J’écris parce que je n’ai pas trouvé d’autre moyen de m’évader », dit Florent Oiseau. Cette phrase résume bien son travail d’écrivain. Dans ses livres, il observe le monde tel qu’il est, sans fard, et s’intéresse à des vies ordinaires, parfois cabossées, souvent silencieuses. Son écriture se reconnaît immédiatement, car elle va droit au cœur, sans effets inutiles, dans un paysage littéraire où beaucoup de textes se ressemblent.
Avec Ma gloire, l’auteur continue dans cette voie. Il ne raconte pas une histoire de réussite ou de combat spectaculaire. Il parle de ce qui se passe à l’intérieur, de ce que l’on ne montre pas. Le roman se situe dans le quotidien, dans les petits gestes, les moments fragiles, rappelant qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une vie exceptionnelle pour avoir une histoire à raconter.
Le narrateur est un homme qui perd peu à peu pied. Il boit, sort la nuit, s’éloigne de sa famille alors même qu’il devrait s’en rapprocher. Il n’a plus de travail, son couple va mal, ses journées se répètent. Pourtant à aucun moment le livre ne plonge dans le pathos. En effet, plus que de juger, l’auteur s’emploie à montrer simplement et justement ce que traverse son personnage, laissant chacun libre de comprendre ce qui se joue.
Au cœur de cette trajectoire fragile se tissent des fils parallèles qui tiennent à la fois le récit et son héros. Un rôle de fée dans un spectacle scolaire, dérisoire et pourtant crucial, et une tombe dans un petit cimetière parisien, celle d’un homme qui s’est inventé une vie grandiose jusque dans la pierre, révèlent un même besoin : celui de se fabriquer des histoires pour tenir debout.
Ma gloire est un roman tendre et mélancolique, traversé d’humour. Il parle d’amour filial, de paternité et de cet amour inconditionnel et nécessaire qui vole au secours des failles à combler . En effet, chez Florent Oiseau, même au plus bas, subsiste toujours la possibilité d’une étincelle, à condition, peut-être, d’oser enfiler des ailes.



