lundi 13 avril 2026
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Caroline Garnon – La com pour de vrai

Le rendez-vous est donné dans les locaux de l’agence émotionnelle Pour de Vrai à Strasbourg. Normal : Caroline Garnon est de ceux qui ont « besoin de se voir, de se regarder dans les yeux, de se parler »… en vrai ! Elle nous reçoit avec un Maxi sourire, et nous glisse qu’elle adore les infos locales et positives. Strasbourgeoise dans l’âme, elle a failli quitter le territoire — une année à Paris en 2002, et le retour s’est imposé comme une évidence. La qualité de vie en Alsace, l’attachement à sa région : tout était (déjà) ancré, profondément. Puis elle a troqué la neurophysiologie pour l’événementiel. Aujourd’hui, en plus de diriger Pour de Vrai, elle prend la tête de l’UCC Grand Est, le syndicat professionnel de la communication qui regroupe depuis vingt ans une cinquantaine d’agences du Grand Est, toutes spécialités confondues. Après avoir été membre du bureau pendant six ans, Caroline Garnon marche désormais dans les traces de Frédéric Cronenberger. À la fin de l’interview, elle nous ouvre les portes de son studio d’enregistrement : celui où elle reçoit les dirigeants pour son podcast. Pour les raconter autrement. Pour de vrai.

De la neurophysiologie à l’événementiel : comment s’opère ce grand écart ?

Avec ma double formation scientifique et commerciale/marketing, et une maîtrise en neurophysiologie, j’étais destinée à l’industrie cosmétique et pharmacologique. Finalement j’ai rejoint Cafés Reck, où j’ai découvert l’événementiel. Pendant sept ans, j’ai organisé des salons professionnels. Et j’adorais ça ! Ce fut un tournant. J’ai ensuite créé une première agence d’événementiel sportif. J’organisais des séjours et teambuilding à la montagne, en collaboration avec des guides de montagne diplômés pour l’encadrement. Puis j’ai fait évoluer l’ensemble vers l’agence émotionnelle. Cette transformation s’est opérée avec la prise de conscience de la puissance de l’expérience au service d’une marque et d’une équipe. Aujourd’hui, Pour de Vrai conçoit des événements d’entreprise qui engagent les collaborateurs en interne et font rayonner la marque en externe.

Inspiré par les Lettres à l’immortelle bien-aimée de Beethoven, ce spectacle de 14 minutes, à l’occasion des illuminations de la cathédrale de Strasbourg post-covid, est une déclaration d’amour, une organisation Pour de vrai. / ©FrankBaudy.de
Pour de Vrai : c’est une déclaration en soi ! Qu’est-ce que ça dit de votre façon de travailler ?

Ça dit tout, je crois (rires). On crée des expériences authentiques, qui touchent vraiment les gens. L’expérience humaine reste irremplaçable : le besoin de se voir, de se regarder dans les yeux, de se parler, demeure fondamental. Même si on intègre désormais l’IA et les innovations 3D dans nos projets, je perçois ces outils comme une aide — pour visualiser rapidement les projets, clarifier les intentions, produire et enrichir l’expérience — jamais comme une fin en soi. Notre rôle, c’est de savoir les identifier et les utiliser.

En quinze ans, Pour de Vrai a orchestré bon nombre d’événements. Y en a-t-il un dont vous êtes particulièrement fière ?

J’en ai deux ! Le centenaire de Lingenheld, pour lequel on vient de recevoir le Prix d’Or de la communication interne lors de la Nuit de l’Événementiel. Ce projet a réussi à engager profondément les collaborateurs, en créant des souvenirs durables. Et les illuminations de la cathédrale de Strasbourg, réalisées en 2020 malgré le contexte sanitaire. Le spectacle s’appelait Pause et questionnait cette période si particulière. Cet événement symbolise parfaitement mon attachement à Strasbourg et ma volonté de faire rayonner la ville.

Lors de la IVe nuit de l’événementiel au théâtre Mogador de Paris, l’agence émotionnelle Pour de Vrai a remporté le premier prix dans la catégorie « agence – communication interne » en représentant l’Alsace et le groupe Lingenheld. / ©Pour de Vrai
Vous animez aussi un podcast : Pour de Vrai, avec Surprise Studio. Pourquoi ce format, et qu’avez-vous envie d’y raconter ?

Je l’ai lancé en janvier 2025 pour donner la parole aux dirigeants, autrement. Au-delà de leur rôle de gestionnaire, ils ont une sensibilité, une histoire. Maîtriser les coûts fait partie de leur job, mais que sont-ils dans les moments de doute ? Et de grande réussite ? On discute pendant une petite heure, librement. Mon premier invité était Thomas Riegert, directeur de Café Reck. Un choix évidemment symbolique pour moi ! Une dizaine d’épisodes ont été produits à ce jour. C’est une activité que j’exerce parce que ça me fait vraiment plaisir.

Je crois profondément en la mutualisation des compétences et en l’intelligence collective.

Vous venez d’être nommée présidente de l’UCC Grand Est. Quelles sont vos ambitions pour “cette grande famille de la communication” ?

Je crois profondément en la mutualisation des compétences et en l’intelligence collective. L’UCC regroupe une cinquantaine d’agences du Grand Est, toutes spécialités confondues. Mon ambition, c’est de créer des passerelles — entre agences, annonceurs, relations presse — plutôt que de travailler en solo. Et de défendre la valeur stratégique de la communication, trop souvent perçue comme accessible à tous.

Un projet phare de ce mandat 2026-2028 ?

Le Creative Shaker ! C’est un hackathon de la communication au profit des associations, organisé tous les deux ans. Pendant 48 heures, des équipes éphémères regroupant les collaborateurs de toutes les agences membres répondent aux besoins en communication de dix associations sélectionnées dans le Grand Est. Notre ambition pour 2027 ? En faire un événement national, en rassemblant toutes les agences de France… idéalement dans le Grand Est (rires).

Le groupe Lingenheld, acteur majeur du BTP depuis 100 ans, a confié la conception et la production de son centenaire à l’agence émotionnelle Pour de Vrai. Un événement d’envergure ! / ©Bartosch Salmanski
Un message pour les entreprises alsaciennes ?

La communication apporte une vraie valeur ajoutée. C’est souvent le premier budget supprimé en période de crise, alors que c’est précisément dans ces moments qu’elle est essentielle. Pour rassurer, expliquer, informer. Mon rôle, avec ma grande famille de la communication, c’est de réussir à le faire entendre, encore plus fort !

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