Dans la vie, Eric Bourlett travaille aux ressources humaines de la Collectivité européenne d’Alsace. Pour s’y rendre, il prend le train, et c’est sur le quai de la gare de Haguenau qu’il a été fasciné par le soleil projetant sa lumière sur les arbres et les feuillages… « Je me suis dit qu’en peinture, ça rendrait pas mal, sourit le cinquantenaire.
Mais je suis nul en dessin, alors j’ai commencé à m’intéresser aux artistes sur Pinterest et Instagram et à les copier. » Divorcé depuis trois ans, il veut se détacher de la télé les semaines sans ses filles et va consacrer ses soirées à « se focaliser sur les arbres pour acquérir [son] propre style ». Eric tâtonne, des pourtours d’arbres d’abord, puis des arbres pleins, le papier, le stylo… « J’utilise des feutres de 3 mm, et parfois je mets mes arbres en couleur au feutre alcool qui ne marche pas sur les stylos billes. »

Des gribouillis qui détendent
«L’attrape-nuages», «Photo de famille», les sakuras et les bouleaux, autant d’œuvres qui lui demandent plusieurs semaines de travail, assis à la lumière de son bureau. S’il commence par « des gribouillis pour se détendre et se vider l’esprit », il est parfois inspiré par « un arbousier dans le jardin d’amis » ou par une photo prise en forêt. L’artiste passe aussi du fond blanc et feutre noir à l’inverse, ou « habille l’arbre » de nuages, racines, pierres ou prairies. Prochain objectif : le tableau 3D, qu’il a déjà commencé à creuser.
« Au premier plan, les feuilles, puis les ombres en plusieurs couches que je découpe au scalpel et recolle. Je vais peut-être mettre de la lumière derrière » esquisse-t-il, « les idées qui partent dans tous les sens » de son propre aveu. Eric Bourlett vend et expose ses œuvres dans les salons locaux comme Made in Alsace, où il dessine en direct et échange avec les visiteurs. Son rêve ? « Le Salon résonnances de Strasbourg, qui regroupe les pépites des artistes. Mais il s’agit de métiers d’art, ce qui n’est pas ma catégorie. Peut-être le jour où je me lancerai en peinture… » glisse celui qui a attendu 50 ans pour que s’exprime sa fibre artistique.
L’info en plus
Eric Bourlett publie aussi ses photos macro sans filtres ni retouches, simplement prises avec son téléphone lors de balades où il joue avec la lumière, les angles, et les rencontres. Sur Instagram @ericbourlett et @art_eric67 pour les arbres.


