Comment t’es-tu retrouvé dans l’aventure des Enfants de la Résistance ?
J’ai fait le casting pour Le Marsupilami. Depuis, ma mère reçoit des annonces. Il y a eu celle pour le film de Pascal Elbé, La bonne étoile. Je n’ai pas été pris, mais on m’a dit qu’il fallait que je continue, que j’avais une personnalité particulière. Lorsque j’ai découvert qu’il y avait un casting pour Les enfants de la résistance, je me suis dit que ça serait cool, parce que j’avais lu la bande dessinée et que le film réunit mes deux passions, le cinéma et l’histoire, j’adore ça, je préfère même apprendre en regardant des films ou des documentaires qu’à l’école. On a envoyé ma photo, on m’a demandé de préparer une scène et puis j’ai rencontré Christophe Barratier à Paris qui m’a choisi pour le rôle de François. Cela m’a rendu heureux de faire du cinéma, j’ai réalisé l’un de mes rêves.
Tu es donc passionné de cinéma ?
Oui, je vois beaucoup de films, de séries et des documentaires sur la réalisation ou des making of. J’avais surtout imaginé que ça serait sympa de réaliser des films. Je fais attention au placement de la caméra, je remarque parfois de faux raccords ou l’ombre de la caméra. Lorsque j’ai vu la première version de la bande-annonce des Enfants de la résistance, j’ai remarqué que des paraboles n’avaient pas été enlevées. À l’école de musique, j’ai fait du cor parce qu’il y en avait beaucoup dans les musiques de films, comme dans Star Wars, Gladiator, Avatar ou Le seigneur des anneaux. Réalisateur, ça a l’air mieux qu’acteur, parce qu’il contrôle, c’est sa vision du film. Quand je pense à mon premier film, je me dis que ça sera un western, genre Le Bon la Brute et le Truand ou Il était une fois dans l’Ouest.
Comment s’est passé ce tournage ?
Le premier jour, j’étais stressé, on a commencé très tôt par la scène du match de foot. C’était impressionnant de jouer avec Gérard Jugnot ou Artus, je ne les avais vus qu’au cinéma. Il y avait une coach qui me donnait des conseils avant les scènes. Avec les autres enfants, on se parlait beaucoup. C’était plutôt facile de jouer dans ces conditions. Les autres trouvaient qu’il y avait beaucoup d’attente, que c’était long, mais moi je ne trouvais pas, j’observais beaucoup les gens qui s’activaient, les techniciens qui travaillaient.

Au début du film, le personnage de François est plutôt en colère, comment as-tu travaillé ce rôle ?
Ce n’était pas de l’acting (rire). Ce n’était pas si compliqué de lancer des regards noirs et de mettre la bonne intonation. Et puis on est très bien dirigé par Christophe Barratier qui était assez précis, il savait ce qu’il voulait, notamment sur les émotions.
Le personnage de François te ressemble ?
Il agit et il réfléchit après, mais moi, dans la vie, c’est le contraire, je réfléchis beaucoup avant d’agir. Mais peut-être que le personnage me ressemble quand même, oui.
“Ce n’était pas de l’acting (rire). Ce n’était pas si compliqué de lancer des regards noirs et de mettre la bonne intonation.”
Que connaissais-tu de la Résistance avant le tournage ?
Beaucoup de choses, notamment que les Allemands savaient que ce n’était pas une toute petite partie de la population qui résistait, mais beaucoup plus, que de là est venue l’idée que pour chaque Allemand tué, il y aurait dix Français tués. Je connaissais pas mal l’histoire des réseaux de Résistance, surtout les « boss », comme Jean Moulin, Marc Bloch, Lucie et Raymond Aubrac.
Il y a une scène très émouvante où tu lis la liste des morts de la Première Guerre mondiale, peut-être que cette scène tu l’as super bien jouée parce que tu t’intéresses à l’histoire ?
Je ne sais pas. C’était dans une église, il faisait froid, j’avais 80 personnes devant moi, c’était forcément un peu plus stressant. C’est l’une des deux ou trois scènes importantes du film, les autres acteurs m’ont félicité.
Cette première expérience t’a donné envie de recommencer ?
Oui, j’espère qu’il y aura un numéro deux. Il y a neuf bandes dessinées et ils n’ont réalisé que les deux premiers tomes. J’adore les films d’époque, et ça serait génial que l’aventure continue.

Il a changé quoi ce film dans ta vie ?
Eh bien maintenant, je sais que j’aurai une retraite plus tôt que les autres (rire). En fait, je crois que je suis un peu plus « posé », j’ai une expérience dans le monde du travail. Depuis, j’ai joué dans un court-métrage à Strasbourg après mon stage de troisième chez un réalisateur. Et puis maintenant, je sais que je peux résister au froid, parce que sur le tournage parfois il faisait -11° et que j’étais en short et en chemise.
Tes parents t’ont beaucoup soutenu, ta maman était sur le tournage, sont-ils fiers de toi ?
J’espère. Mais ça n’a pas changé grand-chose. Maintenant ils me font surtout des vannes du genre « eh l’acteur, viens par là ».
Pourquoi faut-il aller voir le film ?
Parce que c’est mieux d’apprendre l’histoire de cette façon que dans des cahiers.
Les Enfants de la Résistance
Les Enfants de la Résistance est une série de bandes dessinées belges en neuf tomes écrite par Vincent Dugomier et Benoît Ers, le premier tome a été publié pour la première fois le 7 mai 2015 aux éditions Le Lombard. Pendant l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, François, Eusèbe et Lisa, trois enfants courageux, se lancent dans une aventure secrète : résister aux nazis en plein cœur de la France. Sabotages, messages cachés et évasions périlleuses, ils mènent des actions clandestines sous le nez de l’ennemi. L’audace et l’amitié sont leurs seules armes pour lutter contre l’injustice.
L’adaptation au cinéma est signée Christophe Barratier, avec Gérard Jugnot, Artus, Vanessa Guide, Leslie Medina, Pierre Deladonchamps, Nina Filbrandt et Lucas Hector dans le rôle de François. – Sortie : 11/02


