È Bankel (un petit banc)… des esch è Momènt fer sich (c’est un moment pour soi)… ou un moment partagé. C’est l’occasion de se poser, de s’offrir une petite parenthèse im è verrucktes Laawe (dans une vie de fou). Ou de àblanke (se divertir) dans une vie plus calme. C’est un lieu de Rüej (repos) ou de Gebàbbelt’s (blabla), parfois un lieu de rendez-vous. Je vous propose d’en découvrir quelques-uns qui jalonnent unsers schénes Eck (notre joli coin) d’Alsace du nord. Mer fend è bessel eweràl (on en trouve un peu partout), vous les connaissez, et peut-être même que vous les «pratiquez»… Ils accueillent àlli Àlter (tous les âges) et on y pratique toutes sortes d’activités.
Un banc peut être un poste d’observation. On s’y attarde, on prend le temps. Il peut même devenir un refuge, è Everlajungs-Ort, wie s’Cabinet fer mànchi (un lieu de réflexion, comme les toilettes pour certains). On y lit, on y attend quelqu’un, m’r schliest Bekànntschàft (on y fait connaissance), on y téléphone, m’r schmüüst (on y flirte), on y discute, on s’y fâche, on s’y laisse planté là, m’r versehnt sich (on s’y réconcilie). Mais surtout, mer kànn traime (on peut y rêver). Le banc est souvent «public» même si on aime se l’approprier. C’est un Laawesort fer d’Làwandichè (lieu de vie pour les vivants).

Celui sur lequel je vous invite aujourd’hui surplombe la belle ville de Wissembourg, ses remparts et ses dréj Kerrichspetze (trois clochers). D’Raawè (les vignes) en sont le décor, d’Stàdt Decher (les toits de la ville) en sont la vue. L’endroit est calme et sunnig (ensoleillé). Parfait pour reprendre son souffle après la belle Stéjung (montée) depuis le centre-ville. Met dè Arm gros offè (les bras grands ouverts) on peut embrasser toute la ville et imaginer s’Plätschern vun dè Lauter (le clapotis de la Lauter). Les couleurs se diluent dans le froid de l’hiver, la scène pourrait se passer il y a des siècles, quasi rien ne trahit qu’on est en 2026… Sauf quelques Spàziergänger (promeneurs) qui cherchent à prendre un peu de hauteur, les yeux rivés sur leur smartphone. Ont-ils vu passer le seigneur palatin qui inspirera la légende de Hans Trapp, Maria la future Reine de France et de Navarre, les troupes alliées libératrices ? Schàd (dommage), s’esch àwer fer è näächste Mol (ce sera pour une prochaine fois), il suffira de s’attarder un peu sur ce banc…
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