lundi 25 mai 2026
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Isabelle Dollinger – Au service du public

Elle fête cette année ses 25 ans à la tête de la commune de 989 habitants : à 58 ans, Isabelle Dollinger entame son cinquième mandat de maire de Batzendorf. Pleinement satisfaite, elle peut compter sur un conseil municipal renouvelé dont le plus jeune a 25 ans, comme elle quand elle s’est engagée. D’abord présidente du Conseil de jumelage en 1992, elle devient conseillère municipale en 1995 et maire en 2001. Dans l’écoute, l’accompagnement, l’envie de rendre service, elle vit ses différents mandats comme quelque chose d’extraordinaire, tout en gardant un pied dans l’activité hôtelière familiale, et les pieds sur terre avec la pratique de la marche et ses deux petites-filles pour se régénérer.

Vous avez grandi dans l’hôtel-restaurant familial de Batzendorf, quelle est son histoire ?

Papa est originaire de Batzendorf, il était agriculteur, et maman travaillait à la Coop comme vendeuse. Ils ont eu l’idée de créer le restaurant en 1974, et l’hôtel a été ajouté en 1990. Nous avons repris avec mon frère et ma belle-sœur. Je gère encore la partie hôtel et sur mon temps libre, je suis présente au restaurant le week-end. C’est très important parce que c’est ma vie, j’ai grandi dans cet établissement, j’adore mon métier, les gens, les clients. Et j’habite à l’hôtel, je suis en vacances toute l’année ! (rires)

Plus jeune, aviez-vous dans l’idée de devenir maire de votre village ?

Non, c’est venu au fur et à mesure. Mon grand-père était président du club de foot local, et avant que Batzendorf soit équipé, les joueurs de foot avaient leur vestiaire au sous-sol de notre restaurant. J’étais donc déjà un peu déjà embarquée dans ça, toute la famille aidait, on nettoyait… Je me souviens aussi d’un repas de Noël pour les personnes âgées : les sœurs étaient nos maîtresses et on avait un groupe de théâtre alsacien, j’ai joué Ich bin d’r Herr Maire !

C’était prémonitoire ! Aujourd’hui, parlez-vous l’alsacien au quotidien ?

Oui je le pratique avec mes petits-enfants, en famille, et dans le village aussi. L’une de mes grandes satisfactions, c’est l’école bilingue, inaugurée en 2018. Nous avons créé un regroupement décentralisé un peu expérimental, stabilisé il y a deux ans avec Wintershouse, pour une offre de cursus bilingue à 178 élèves.

Le nouveau conseil municipal de Batzendorf. / ©DR

Sauriez-vous citer un chantier significatif par mandat ?

Oui, je pense ! Alors on a refait cette mairie quand je suis arrivée, elle a été inaugurée en 2004, c’est la vitrine de la commune… On dit qu’il faut un mandat pour s’installer mais on a démarré avec ça. Ensuite, la rénovation de l’église ; en 2010, la création de la crèche l’Eco-logis des petits en relation avec la comcom, que nous gérons aujourd’hui avec
35 places et un Relais petite enfance ; la rue du Moulin, les travaux de la rue Principale avec l’agglo, la rénovation de l’éclairage public ; la restructuration de l’espace culturel et sportif qui datait des années 90: les travaux ont démarré en février pour une fin de chantier à l’été 2027. Nous avons un projet de résidence sénior au cœur du village avec quinze logements dans la verdure, de plain-pied, et une première : un cabinet de kiné pour le sport santé, plus 150m2 pour les professionnels de santé. Enfin des jeunes veulent créer un Conseil municipal des enfants, c’est la suite aussi de partager. Donc j’ai tous les âges, de la petite enfance aux séniors !

Comment le village se développe-t-il depuis vingt-cinq ans ?

Batzendorf se développe de manière homogène, avec une gestion maîtrisée sans explosion d’habitants, nous accompagnons des initiatives privées pour l’habitat collectif et résidentiel. On a à nouveau un salon de coiffure, et, à côté de la mairie, quelque chose d’extraordinaire, une nouvelle boulangerie qui ouvre le 1er juin ! Une zone artisanale verra aussi le jour à l’entrée du village avec la CAH sur 4,5 Ha. Au niveau de l’environnement, on ne développe plus sa commune comme il y a vingt-cinq ans… On est dans l’énergie renouvelable, les espaces verts, avec une équipe d’élus très investie. Par exemple, quand vous ouvrez à l’urbanisation, il faut compenser. On a choisi une parcelle à aménager pour la biodiversité et on a retenu un projet de mares et de haies vives.

Je suis bien dans ce que je fais, et j’aime bien être dans l’opérationnel, au contact, ancrée.

Vous avez été élue sans opposition, comment s’est passée la campagne électorale ?

La question c’est, est-ce que les habitants valident notre projet ? Donc on a fait campagne quand même, et ils sont allés voter, même en me disant, il n’y a que toi qui peux faire ça (sourire) ! L’équipe a fait du porte-à-porte, pour expliquer et prendre les doléances, par exemple un problème d’égout, voilà, c’est ça notre travail, l’écoute. Puis on a fait un deuxième passage pour présenter la liste et la profession de foi. Et les conseillers se sont pris au jeu, ils ont vu les habitants, ont construit le projet avec eux. Pareil à la CeA, les territoires ont été créés pour que ça remonte et moi j’adore travailler comme ça.

Justement, vous êtes aussi vice-présidente à la CeA en charge du service public alsacien, vice-présidente à la CAH, et présidente de l’ATIP qui instruit entre autres les permis de construire pour les communes. On reste donc local, vous projetez-vous parfois au national ?

(Réfléchit) Aujourd’hui, j’avoue que je suis bien dans ce que je fais, et j’aime bien être dans l’opérationnel, au contact, ancrée, mais pourquoi pas, c’est à réfléchir. Le projet Alsace me tient aussi beaucoup à cœur, j’aimerais qu’il aboutisse et ce n’est pas parce qu’on a quelque chose contre le Grand Est, mais pour une question d’efficacité publique. Par exemple, on gère les bénéficiaires du RSA mais on n’a pas le lien avec l’économie, ça n’a pas de sens ! Si on gère les collèges, on pourrait aussi bien gérer les lycées, on peut mutualiser. C’est à nous élus en place aujourd’hui de défendre cela et ça me tient vraiment à cœur, tout comme la commune. Ce sont des instances où on est proche des gens et on se sent utile tous les jours.

Au plus proche du terrain, la maire visite le nouvel espace culturel et sportif. / ©DR

L’info en plus

En 2030, un Alsacien sur quatre aura plus de 65 ans. Avec son « autre casquette de la CeA », Isabelle Dollinger voit les séniors comme « une réelle priorité, comment les accompagner à vieillir chez eux mais aussi à sortir, quelles activités… » Ainsi, la deuxième édition du Bel âge en fête aura lieu le 16 juin à Morschwiller. L’an dernier, 300 séniors du canton se sont rassemblés autour de la prévention, de l’accès aux droits, mais aussi de la musique et d’un bal.

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