mercredi 14 octobre 2026
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Nathalie Cumplido – Un, dos, tres, vamos à Malaga !

Après une scolarité au Neudorf et un BTS MUC (management unités commerciales), Nathalie a décidé de « changer d’air à Londres », comme serveuse pour apprendre la langue. « Je suis partie pour trois mois, et finalement restée deux ans, sourit-elle. Je voulais investir mais Londres est hors de prix, je suis donc rentrée en Alsace ». Mais ses voyages—deux par an, en Asie une dizaine de fois, en Amérique latine cinq fois, en Europe, au Maghreb…—font qu’elle n’est « pas cantonnée sur l’Alsace. J’ai découvert différentes cultures qui ont développé l’envie de voir ce qui se passe ailleurs. Même si l’Alsace est très une région très riche, selon moi la France est placée sur un niveau qui ne correspond plus à la réalité ». Elle évoque l’insécurité, le laxisme, et précise : « Ici ce n’est pas tout beau, tout rose, mais les gens sont plus respectueux des lois, il n’y a pas de laisser aller ».

La nature n’est jamais très loin pour les randonnées en famille. / ©dr

Après des expériences professionnelles en agence matrimoniale, assurance, recrutement, banque, l’idée de l’immobilier lui trotte dans la tête, « toujours pour la relation client » dit-elle. En revanche, la destination choisie devait cocher plusieurs cases : « Pas trop loin pour rentrer rapidement si besoin, Malaga est bien connectée avec les aéroports de Bâle-Mulhouse et Karlsruhe-Baden, et mon mari parle l’espagnol, par son père qui a grandi non loin de là ». Quant à elle, ses bases sont « un dos tres, vamos a la playa, et hola ! C’est tout (rires) ». Mais Nathalie qui aime beaucoup les langues apprend sur le tas, en travaillant avec son mari au début. « Il était mon pilier pour la langue, mon dictionnaire, on a commencé à travailler en février 2021, et j’ai eu mon premier rendez-vous, seule, en juin. Comme j’aime bien parler et que je n’ai pas peur de faire des fautes, je me suis lancée rapidement ».

Une intégration par le travail

Leur agence immobilière se situe près de Malaga, à Benalmadena. Au quotidien, elle fait de la prospection pour trouver les vendeurs, comprendre la motivation de la vente et les conditions, puis valorise le bien. Son mari, « à la base contrôleur qualité travaux », s’occupe ensuite de la partie acheteurs. Nathalie s’est tout de suite bien intégrée grâce au travail, « aucun problème bien au contraire, ils sortent souvent boire un verre entre collègues. Il y a aussi beaucoup d’étrangers qui sont dans la même configuration que nous, donc tout le monde se retrouve. Dans la vie privée, avec l’école de ma fille depuis deux ans, notre cercle se développe ».

Clara est née en 2022. « Le projet était de ne pas l’élever en France, mais peu importe où, au Zimbabwe on l’aurait fait aussi ! » déclare Nathalie. Si ses parents parlent français avec elle, la petite fille répondait en espagnol jusqu’à Noël dernier. « Depuis l’âge de 9 mois, elle est allée à la crèche publique, et même si on avait la même conversation, je parlais français, elle espagnol. Elle s’est lancée avec ses cousins, parce que seul son grand-père lui répondait en espagnol. Elle s’est dit je dois switcher la langue, et quand elle parle avec ses copines, elle switche de nouveau ». Quant au rythme scolaire, il convient mieux à la famille : l’école commence à 9h pour finir à 14h. « C’est beaucoup plus adapté, juge la maman, cela évite de les lever à 6h du matin. Avec la cantine c’est jusqu’à 16h, du lundi au vendredi, ce qui permet une organisation plus simple ». Quant aux vacances, trois mois du 15 juin au 15 septembre profitent à l’été très chaud, et une semaine à Noël, en hiver et à Pâques entrecoupe le rythme.

Se baigner toute l’année

Avec 300 jours de soleil par an et la mer à 20 min, Nathalie envisage l’avenir sereinement. « Pour l’instant on est très bien ici, le cadre de vie, des températures agréables, le coût de la vie, la mentalité des gens plus calmes, plus relax, qui profitent au jour le jour, cela me convient. » Son lieu favori, c’est la plage, « par exemple ce soir j’y vais pour marcher les pieds dans l’eau, une fois par semaine minimum. Et on peut se baigner toute l’année, l’eau est à 18° en hiver, l’air entre 15 et 20° sur les périodes les plus froides ». Les fêtes traditionnelles, la culture andalouse très présente, les maraîchers et producteurs locaux moins chers qu’en France et « meilleurs, surtout les fruits », Malaga à un 1/4h de route, le musée et la maison natale de Picasso, les montagnes enneigées de la Sierra Nevada à 2h, Nathalie peut citer bon nombre d’atouts.

Culture et traditions andalouses sont ancrées dans les mœurs. / ©dr

Finalement, outre les amis et la famille, elle regrette seulement les fromages et les viennoiseries qu’on trouve en Alsace. « Ici le meilleur pain vient de chez Lidl®, annonce-t-elle, et les viennoiseries, ils ne savent pas les faire. La cueillette des champignons me manque aussi, ici il n’y en a pas, il fait trop chaud. » En revanche, côté gastronomie, Nathalie a trouvé son bonheur avec les « boquerones al vinagre », des anchois crus marinés au vinaigre, servis sur une tranche de pain. Pourquoi pas accompagnés de
« tinto de verano », qui la fait bien rigoler. « C’est du vin rouge avec de la limonade, quand on m’a dit ça, j’ai dit non il ne faut pas faire ça ! Mais finalement en tant que bonne Alsacienne, en plein été on met aussi le vin rouge au frigo voire on ajoute un glaçon, sinon c’est imbuvable. Et c’est très bon ! »

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