Quatre gros classeurs, remplis de portraits, de lettres, de coupures de journaux, de photos de vaisselle ou de monnaie… C’est le travail d’historien qu’a effectué Kurt Götz, un Allemand venu habiter le Palais Stanislas et tombé amoureux de l’histoire du roi de Pologne élu par deux fois. Fuyant la guerre dans son pays, Stanislas Leszczynski s’exile en Suède, puis à Zweibrücken, avant de trouver refuge à Wissembourg de 1719 à 1725. Sa fille Maria Leszczynska est alors choisie pour devenir l’épouse de Louis XV, ils se marient à Strasbourg le 15 août 1725. Elle sera la grand-mère des derniers rois de France, Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.
Stanislas laisse la place royale à son nom à Nancy, mais son œuvre littéraire, moins connue, fascine Kurt Götz qui a acquis plusieurs de ses ouvrages, dont Les œuvres du philosophe bienfaisant. « Il était roi, le statut le plus haut, mais il voulait que le peuple se sente bien, explique le collectionneur. Il cherche par exemple pourquoi tout va bien dans certains pays, tandis que d’autres sont en guerre, et pense que les gens simples sont les plus heureux. » Des écrits sur la religion, la politique ou son pays natal font partie de l’œuvre du monarque qui « a très tôt fasciné les gens ». Kurt Götz possède non seulement des originaux, mais aussi tout ce qui relate l’histoire de la famille, comme de la vaisselle en porcelaine du 19e siècle, des pièces de monnaie à l’effigie du roi Auguste II qui l’a chassé du trône, des oraisons funèbres etc.

La visite est guidée
Les recherches du Wissembourgeois Ambroise Perrin pour son livre Il faut marier Maria permettent aussi de découvrir les extraits d’actes de naissance et de mariage originaux de la princesse, ainsi que le film autour de l’œuvre chorégraphique d’Irena Tatibois, où l’on aperçoit l’intérieur du Palais Stanislas. Le propriétaire ne pouvait en effet pas exposer chez lui, dans son lieu d’habitation, la Ville a donc répondu favorablement à sa demande afin de « mettre le patrimoine et l’histoire locale en avant », selon Florence Gaucher, adjointe à la culture. Kurt Götz boucle sa visite guidée pour laquelle il sera présent tous les jours : « Stanislas meurt à 88 ans en trébuchant vers la cheminée, il succombe à ses brûlures en cinq jours ». Mais l’œuvre du collectionneur, elle, continue.
Le musée Westercamp est ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h (4€/2€).


