lundi 23 février 2026
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Saverne. Des spectacles «nécessaires» au théâtre

Prix Renaudot en 2017, La disparition de Josef Mengele écrit par l’Alsacien Olivier Guez a été adapté au théâtre par Mikaël Chirinian et Benoit Giros. Depuis deux ans, la pièce tourne de Paris en province, et s’arrête à l’Espace Rohan de Saverne le 11 mars. Son directeur Denis Woelffel revient sur cette programmation.

Maxi Flash : Vous qui avez vu la pièce au Festival d’Avignon, à quoi doit-on s’attendre ?

Denis Woelffel : La scénographie est intéressante, on a à faire à deux murs avec des portraits de Mengele accrochés derrière l’acteur Mikaël Chirinian. C’est l’histoire du médecin allemand des camps de concentration, qui fuit l’Allemagne pour éviter le jugement. Le spectacle raconte comment il change d’identité, comment les États européens le soutiennent, comment il est accueilli en Argentine et continue dans l’ombre d’influencer les visions d’extrême droite. Ce spectacle est surtout une narration, et l’acteur est tout à fait saisissant : il incarne à la fois Mengele et les personnages qui le poursuivent.

Dans une saison, quelle est la part de pièces du registre dit
historique ?

Chaque année, on essaie de programmer un texte plutôt classique, comme Dom Juan. Côté théâtre actuel, on essaie d’avoir un ou deux spectacles qui retracent les grands mouvements de l’histoire. L’an prochain, sans dévoiler la programmation, ce sera Joseph Kessel et l’écriture du Chant des partisans. Mais dans mes choix de programmation, ce n’est pas une entrée première, c’est d’abord parce qu’il m’a plu et que je trouve nécessaire de le montrer au public.

Quand vous voyez qu’il affiche complet, c’est mission accomplie ?

Nous, les programmateurs des théâtres de ville, allions une programmation qui trouve de l’intérêt auprès du public, à des pas de côté, où le pari artistique est plus fort. Quand j’ai programmé ce seul en scène, je n’étais pas sûr que le public suivrait, mais c’est le cas. Dans nos scènes d’Alsace, nous avons des contrats d’objectifs avec notre ville et les partenaires, en l’occurrence la Collectivité européenne d’Alsace. C’est une mission pluridisciplinaire de programmer des spectacles de différentes esthétiques, danse, musique, théâtre, et donc toucher différents publics, de l’enfant aux adultes.

Il s’agit peut-être aussi d’ouvrir les régions au théâtre parisien ?

Oui, c’est offrir l’accès à des propositions intéressantes cloisonnées dans le monde parisien durant la saison ou avignonnais l’été, effectivement pouvoir en faire bénéficier les habitants dans notre mission de territoire. Mais il n’y a pas d’exclusivité, je travaille aussi avec des compagnies de la région, qui proposent de très belles choses. Et le pari est, à l’inverse, de leur proposer de faire connaître leur œuvre en dehors de l’Alsace.

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