lundi 6 avril 2026
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Les Bretzels d’or – 50 ans, une seconde jeunesse

Fondé en 1976 par Germain Muller, l’Institut des Arts et Traditions populaires d’Alsace affiche sa jeunesse en cette année festive marquée de rendez-vous jusqu’à la cérémonie des Bretzels d’or. Bernard Kuentz, à sa présidence depuis 2022, et le comité de vingt-cinq personnalités alsaciennes dont Yvelise Schaeffer, la secrétaire générale, s’adressent aux jeunes : quelle « alsacianité » dans cinquante ans ? L’Institut appelle les jeunes qui s’intéressent aux arts et traditions populaires pour qu’à leur tour, peut-être, ils décrochent la plus haute distinction alsacienne.

Quel est le fil conducteur de votre présidence depuis 2022 ?

Bernard Kuentz : On a réussi plusieurs choses dont l’osmose entre les anciens et les nouveaux, les anciens se réjouissent de voir ce comité s’activer et faire des choses nouvelles, on a leur adhésion. On a réussi à renouveler et féminiser. Avant, c’était un cercle de vieux messieurs, aujourd’hui on est presque à la parité avec une dizaine de femmes. C’est un comité représentatif de l’Alsace aussi, campagne et ville, Haut-Rhin et Bas-Rhin, culture et économie, c’est un bon foisonnement, un melting-pot très positif.

Yvelise Schaeffer : Moi je suis entrée dans le comité qu’a créé Bernard. Il avait besoin d’UNE secrétaire générale, c’était une suggestion de sa femme, Annette. Ce qui me motivait, c’était faire en sorte que des Bretzelisés accompagnent des projets, des jeunes…

Justement vous œuvrez depuis votre arrivée à mettre en avant les jeunes ?

BK : Soyons honnêtes, la distinction intéresse les Alsaciens à partir du moment où ils commencent à avoir les premiers cheveux gris… Ces personnes-là sont bien installées en Alsace, ont une carrière, de la notoriété, des revenus. Derrière ça, il y a des dispositifs de défiscalisation que sont les fonds de dotation, par exemple donner 100€ revient à 33€ seulement. Le dispositif Donner pour l’Alsace a été mis en place pour que ces anciens Bretzels d’or puissent aider un jeune dans leur domaine de prédilection, spectacle vivant, musique, artisanat d’art, folklore, costumes… Qu’ils disent, je suis prêt à sortir mon carnet de chèque—une expression que j’aime bien même si aujourd’hui c’est un virement, parce que c’est un acte qui engage. Et nous avons le renfort d’une dizaine de chefs d’entreprises qui croient en l’Alsace, prêts à donner. C’est comme dans les starts up, c’est de l’amorçage, mais désintéressé. Nous attendons juste de voir éclore des projets.

Yvelise Schaeffer vient d’être décorée pour son engagement alsacien. / ©DR
Parmi les événements des 50 ans, un séminaire a eu lieu au musée Lalique en février. Qu’en est-il ressorti ?

YS : C’était un séminaire avec trente-cinq spécialistes dans le domaine des arts et traditions populaires, comme Jean-Charles Spindler ou la directrice du musée Alsacien en pleine renaissance. Plein d’idées sont ressorties, c’était un constat qui touchait aussi bien le costume, que le muséal, la langue aussi. Au niveau du dialecte, quelle est l’évolution, les outils, la manière plus moderne d’appréhender l’alsacien sous différents aspects…

Deuxième acte le 26 avril : un forum des jeunes se tient à la Fabrique à bretzels à Gundershoffen. Quel est le programme ?

BK : Vous vous rendez compte la symbolique, on fabrique les bretzels de demain chez Boehli, les petits bretzels vont devenir grands !

YS : D’ailleurs notre Bretzel d’or est exposé dans leur musée, sur le nouveau parcours muséal, il y a totalement sa place.

BK : Ce jour-là, contrairement à l’habitude, je vais devoir écouter et donner la parole aux jeunes. On leur laissera toute la matinée pour expliquer leurs envies et leurs désirs, leur façon de voir l’Alsace demain. On a 50 ans, mais on aimerait savoir ce que ça va devenir dans dix ou vingt ans, et ce que les jeunes en feront. À nous de savoir l’interpréter et nous mettre à leur hauteur pour pouvoir les aider.

Qui seront ces jeunes ?

YS : On est encore en train de les recruter, s’ils lisent cet article qu’ils se manifestent. Il n’y a pas de profil type, dans les arts et traditions populaires et même plus loin, le développement durable si des projets font du bien à l’environnement alsacien.

BK : Ils seront une trentaine, comme un petit jeune de Seebach par exemple, étudiant aux arts déco à Paris, il a fait tout son travail de master sur le costume alsacien ! Ou un autre, handicapé, qui a fait un double parcours HEC et Sciences po et travaille aujourd’hui à Munich où il se débrouille tout seul. Il est extraordinaire quand il parle de l’Alsace, il exposera ses projets à la Fabrique.

Germain Muller remet le Bretzel d’or au Mime Marceau en 1989. / ©DR
Puis le troisième acte aura lieu le 5 juin au cercle militaire de Strasbourg, dans la salle du Barabli…

YS : Ce sera grand public, très accessible, au cœur du Barabli. On est sur un parcours découverte, de buffet d’abord, où on va pouvoir déguster et échanger avec un chef et un producteur qui ensemble ont créé un amuse-bouche, et entre ces parcours gustatifs, il y aura la découverte des différents projets portés par le fonds de dotation. En soirée directement, le grand public pourra faire des dons défiscalisés s’il trouve un projet bien, en s’y inscrivant à hauteur de quelques euros.

Et enfin, la cérémonie des Bretzels d’or le 11 octobre à Vogelgrun sur les bords du Rhin. Allez-vous annoncer les récipiendaires au fur et à mesure comme l’an passé ?

BK : Il y aura effectivement quelques préludes avant la grande cérémonie, comme la Foire aux Vins, le plus grand festival en Alsace. On va à leur cérémonie, ils méritent ce Bretzel d’or pour leur 77e édition car ils ont réussi à préserver ce drôle de mariage entre concerts et vins d’Alsace. À Vogelgrun, c’est encore un lieu symbolique, Art Rhéna est une belle salle de 400 places construite entre Vieux et Neuf Brisach, sur un tracé de l’amitié franco-allemande. C’est cette double culture qu’on doit préserver aujourd’hui, que ces particularités alsaciennes puissent survivre et que les jeunes s’y intéressent. Dans le lot, certains seront prêts à reprendre le flambeau.

Le chiffre

577 : C’est le nombre de « Bretzelisés » depuis cinquante ans. Bernard Kuentz, qui a dirigé la Maison de l’Alsace à Paris de 2005 à 2022, l’a reçu en 2018. Yvelise Schaeffer, déléguée générale de l’ARIA Alsace après s’être occupée des relations publiques des Vins d’Alsace, l’arbore depuis le 26 février dernier.

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