Racontez-nous votre enfance.
J’ai grandi à Soufflenheim, dans une famille nombreuse. Malgré ma place de troisième dans une fratrie de sept enfants, j’ai toujours aimé jouer le rôle de grande sœur, voire de petite maman (rires). Mon ancrage, c’était ma grand-mère. À 14 ans, je suis partie en internat à Walbourg. C’est là que j’ai commencé à développer mon côté créatif : avec des copines, on concevait et vendait des sweats personnalisés avec le logo de l’école. Un premier pas vers l’entrepreneuriat, sans le savoir…
Et ensuite, un parcours plutôt éclectique !
Très ! Bac scientifique, école de commerce avec trois mois à Berlin – que j’ai adorés –, BTS communication avec des stages dans des structures engagées : Trace Verte, Familangues, Krysalis… Puis une licence Développement Web en distanciel, avec une promo mêlant jeunes et adultes en reconversion de toute la France : très enrichissant ! J’ai terminé avec un Master à MediaSchool Strasbourg, en alternance au Joie-Lieu de Haguenau, où je suis encore bénévole aujourd’hui. Pendant mes études, j’avais un job étudiant dans la mode. C’était une expérience salariale assez négative, avec un management toxique… sans doute un moteur pour refuser de me laisser enfermer dans une case.
C’est ce qui vous a poussée à lancer votre micro-entreprise ?
En partie, oui. J’ai besoin d’autonomie, de liberté, de diversité dans mes missions. Je propose mes services de création et gestion de réseaux sociaux, sites vitrine et stratégie de communication. Ce qui me nourrit vraiment, ce sont les projets humains, collectifs, où je me sens utile – pour des associations, des lieux de vie, des structures à taille humaine, engagées. Ce sont eux que j’accompagne aujourd’hui.

Un conseil pour les artisans, les associations, les solopreneurs qui ont du mal à communiquer ou ne savent pas par où commencer ?
Privilégiez l’authenticité à la course aux abonnés. Choisissez les bons canaux, communiquez « vrai ». Restez vous-mêmes plutôt que de viser un volume vide. Beaucoup d’abonnés sans impact réel, c’est une vitrine gonflée, pas une communauté ! Ce qui compte, c’est une audience qui vous suit pour de bonnes raisons, et un taux de conversion réel.
Vous êtes aussi la cofondatrice de Noué. C’est quoi, ce projet ?
À la base, c’est un projet fictif que j’ai imaginé en Master, avec mes camarades Yassine et Eléna sous la supervision de Régis Bacher, notre prof. La problématique de départ : « comment recréer du dating dans la vraie vie ? ». L’idée, c’est de reprendre les codes des applis de rencontre, mais en vrai. Le nom « Noué » est une simplification de « renouer » et un clin d’œil aux bracelets de couleur que l’on vient se nouer autour du poignet pour indiquer ce que l’on recherche : noué à vie (relation sérieuse), noué sans pression (court ou long terme), noué pour du fun (pour un soir), noué sans sexualité (juste des potes), noué librement (non-monogamie). Ou pas de bracelet du tout, en mode « on verra bien ce que la soirée nous réserve ». Plusieurs choix sont possibles. Régis a adoré et m’a proposé de lancer Noué, pour de vrai ! Le premier événement a eu lieu à La Grenze en juin 2025 : une édition qui a accueilli 70 personnes, malgré une communication limitée. C’était fou !
Concrètement, comment se déroule une soirée Noué ?
L’inscription est obligatoire, l’entrée est à 20 euros, boisson incluse. De 18h30 à 22h30, on propose des animations brise-glace : recherche ton duo, avec proverbes et puzzles, missions Noué, La Poste Noué avec distribution de messages, boîte à anecdotes… sans réelle obligation de participer. Souvent les gens « nouent » tellement bien que j’ai peur de les déranger avec mes animations (rires). On laisse beaucoup de liberté dans le cadre, il faut que ça reste convivial.

Vous faites partie de la Gen Z née avec le numérique, et vous organisez des soirées rencontres à l’ère des applis… C’est presque un acte militant !
Oui, je suis de la team « plus d’humains, moins d’écrans » (rires). J’aime utiliser les outils digitaux pour créer du lien réel, pas pour s’y noyer. Des soirées comme Noué me rechargent en énergie. C’est le même attrait que j’ai pour Le Repère, un projet porté par un ami dans le Nord-Alsace : il organise des événements éphémères pour recréer des lieux de vie et des rencontres multigénérationnelles. Je lui ai donné un coup de main sur le logo, la stratégie réseau et la campagne Ulule. En aidant des projets à avancer, j’ai le sentiment d’être utile.
Et quels sont vos projets pour Noué ?
On aimerait s’émanciper un peu de Strasbourg, pour « nouer » à Haguenau par exemple… Et surtout, on est ouvert à transmettre l’esprit Noué à des personnes motivées, alignées avec nos valeurs : rencontres simples, libres, sans pression. Régis et moi avons chacun un travail à côté, et on ne peut hélas pas tout porter indéfiniment… Avis aux bons vivants !
Soirée « 1 an de Noué »
Quinze éditions plus tard, Noué fête son premier anniversaire le 18 juin de 18h30 à 22h30. Retour à La Grenze (23 rue Georges Wodli à Strasbourg) pour une soirée pleine de surprises.
Tarif : 20 euros, part de gâteau et boisson incluses.
Inscription : www.noué.com/soirée-grenze-18-juin



