Maxi Flash : Vous êtes né en Moselle. Quel a été votre premier contact avec la musique ?
Paul d’Amour : J’ai été élevé dans une famille religieuse appartenant aux témoins de Jéhovah. J’ai commencé à chanter à l’église. En dehors, la musique était interdite. J’ai beaucoup de souvenirs de ma mère qui jette des disques à la poubelle. J’ai rapidement apprécié le rock’n’roll pour ce côté transgressif, d’être dans l’interdit. Petit, c’était ma liberté d’en écouter. J’ai commencé très jeune à écrire mes premiers textes, pour moi. Ça me faisait du bien, et c’est sûrement pour cette raison que j’ai continué à le faire, mais aussi pour les autres. J’ai longtemps évolué en groupe, mais j’ai choisi de poursuivre ma carrière seul, depuis dix ans.
Votre carrière a pris des voies plurielles. C’était voulu ?
J’ai un côté insatiable, mais aussi un côté « m’enfoutiste ». Je me laisse porter, au gré du vent, des opportunités. Pour beaucoup, je suis indéfinissable. Je suis capable de produire des albums qui peuvent raconter plein de choses. J’ai une musicalité curieuse. J’aime m’amuser en découvrant les gens.

Vous venez de sortir Bitcherland, un projet soutenu par la DRAC Grand Est, que vous avez élaboré sur le terrain, mais aussi dans le cadre d’une résidence à la Halle verrière de Meisenthal. Comment le décrire ?
Je me suis rendu dans le Bitcherland – le territoire autour de Bitche – pendant une quinzaine de jours, avec Jean Chauvelot, un scénariste et auteur de bande dessinée. Nous avons rencontré les locaux, nous avons enregistré nos discussions et j’en ai écrit des chansons. Je ressentais le besoin de goûter à l’expérience pour raconter le vrai. Finalement, Bitcherland est devenu un livre musical enregistré par Nicolas Quéré. Un QR code intégré au livre donne accès aux morceaux, à un film documentaire et à plusieurs clips musicaux réalisés par François Dourlen. Entre livre, musique et documentaire, Bitcherland est une invitation à traverser un monde où paysages, souvenirs et rencontres se mêlent en une chanson. Ce territoire tombe dans l’oubli et c’est une manière de pousser le grand public à s’y rendre, pour faire vivre les locaux. Je suis très fier d’être un porte-parole officieux de ce territoire.
L’info en plus
Pourquoi Paul d’Amour ? Le chanteur s’appelle Paul. Adolescent, il rougissait très rapidement. Beaucoup l’ont comparé à une pomme d’amour, en faisant un jeu de mots avec son prénom. De plus, l’artiste aime chanter l’amour. Ce pseudonyme était tout trouvé !



