Maxi Flash : Le tueur à la coiffe alsacienne était déjà paru en 2015, quelle est l’idée derrière cette réédition ?
Jean-Marie Stoerkel : Au départ, Le tueur à la coiffe alsacienne était un polar en français, et pour Les tueurs à la coiffe alsacienne, Jacques Zimmermann avait fait la version en alsacien de Mulhouse. Cette année, nous avons décidé de ressortir la version française complétée, puisque la première s’arrêtait fin 2015 avec l’Alsace qui intègre le Grand Est, et la suite, c’est la bataille pour en sortir. Dans la version originale, je commence par Richert et son « Nous, Alsaciens, ne nous laisserons pas faire », pour le voir retourner sa veste quand il a vu la possibilité de devenir président de région, pareil à Mulhouse avec Rottner… C’est un portrait un peu psychanalytique, en tout cas, un constat de l’Alsace à travers les siècles.
Votre marque de fabrique, c’est intégrer l’Histoire, ancienne ou récente, dans l’histoire, il est question de Pierrot le Fou ou des Loups noirs…
Oui, ma base vient du journalisme, des affaires criminelles. Quand les Loups Noirs ont incendié la baraque du Struthof, ça m’avait choqué à l’époque… Je suis rentré à L’Alsace en 1973 et j’ai pris ma retraite en 2010. Quand j’ai commencé à écrire des polars, je me suis dit qu’ils pourraient servir à raconter l’histoire de l’Alsace sous toutes ses formes. Dans L’enfer de Schongauer, personne en dehors de Colmar ne le connaît, cela me permet de développer des choses que d’autres racontent en documents. Dans Crimes en coiffe alsacienne, je commence par l’histoire du vol de la pierre Klapperstein à Mulhouse, c’est le patrimoine, les lieux. Chez nous, il y a des choses à voir, c’est un prétexte pour faire la promo de l’Alsace.

Avez-vous déjà le polar suivant sur le feu ?
J’ai toujours un polar en cours ! Un cousin à moi a fait l’historique de la famille et le premier des Stoerkel est venu de Meyenbourg en Allemagne, il s’est installé à Ottmarsheim, puis est devenu boulanger à Ribeauvillé, puis vigneron et tonnelier… Le nom Stoerkel lui-même a une histoire, tout le monde l’écrivait avec un C quand j’étais gamin, au départ c’était Ö, puis C, CK, et depuis trois générations, uniquement le K, pour des histoires de transcriptions à l’état civil. À travers l’histoire de la famille, je raconte tout autre chose, dans le centre Alsace et bien sûr je vais intégrer un crime !




