La CeA a engagé une nouvelle étape pour préparer l’ensemble de la société alsacienne à l’horizon 2040. Pour le président Frédéric Bierry « Anticiper les besoins liés au vieillissement est indispensable pour s’assurer de ne laisser personne sans solution demain. Le vieillissement est l’affaire de tous. Il nécessite une prise de conscience collective, impliquant aussi bien les particuliers que les élus et les acteurs économiques. C’est dans cette optique que la CeA a lancé une concertation publique au début du mois de juin afin de recueillir les attentes, les idées et les propositions des habitants et des partenaires du territoire ». Car, dans moins de 15 ans, notre territoire comptera 50 000 personnes supplémentaires âgées de 85 ans et plus. Cette évolution démographique constitue pour la CeA un défi majeur. « Nous devons permettre à nos aînés de vivre le plus longtemps possible dans des conditions de dignité, de sécurité et d’autonomie », explique Pierre Bihl, 1er Vice-Président de la CeA, en charge du territoire Centre Alsace. Et les enjeux sont multiples : garantir un accès aux soins de proximité, développer des solutions de mobilité et de logements adaptés, soutenir les aidants, lutter contre l’isolement social, maintenir une offre de service accessible sur l’ensemble du territoire alsacien, en d’autres termes, pallier au manque d’accès aux soins à cause de l’augmentation des déserts médicaux, à la saturation des capacités d’accueil (en EHPAD ou en habitats adaptés), au report des prises en charge en situation critique sur les services d’urgence ou à l’absence totale de solutions d’aide à proposer.

Une concertation publique inédite
18 réunions publiques sont conduites en ce début d’été dans chaque canton. D’abord avec les élus, les maires et les présidents d’intercommunalité pour leur proximité avec les habitants, leur connaissance des réalités ultralocales et leur capacité à mobiliser les acteurs du territoire, puis avec les personnes âgées, les CCAS (Centre communal d’action sociale), des bénévoles qui s’impliquent déjà dans les EHPAD. Denis Schultz a participé à ces concertations publiques : « Les élus ont apporté des idées, mais ce qui est également très rapporteur, ce sont les réunions avec des professionnels de terrain, ceux qui font face à la réalité de ces questions, notamment celle des aidants », explique le conseiller d’Alsace du Canton d’Erstein.
Le vieillissement est l’affaire de tous.
– Frédéric Bierry
Les maires d’Alsace prennent donc ces sujets très au sérieux. Isabelle Dollinger, maire de Batzendorf et vice-présidente de la CeA se souvient de la réunion organisée à Morschwiller, avec 400 séniors. « Les échanges ont été assez riches sur le Nord Alsace qui est un territoire un peu plus vieillissant encore. Le déplacement est une difficulté et l’une des priorités de nos aînés est de garder des liens avec les autres, ils souhaitent rester chez eux, dans un logement adapté, le plus longtemps possible ». Des pistes de travail sont identifiées pour favoriser le maintien à domicile, développer le bénévolat, le mécénat, même si l’une des questions majeures est de faire face à l’épuisement des aidants : d’ici 2040, en moyenne, nous ne compterons plus que 3,6 aidants par aidé contre 5,9 aujourd’hui. Du côté des EHPAD, les listes d’attente s’allongent, il y a plus de demandes que de places disponibles. Certains établissements sont à rénover, dans d’autres, il faudra par exemple construire des unités de vie protégées.

Un budget en hausse
Tout cela demande des investissements, de nouveaux financements. La CeA ne pourra pas mener cette démarche seule. La part de son budget pour les aides aux personnes âgées était de 210,6 M€ en 2025, elle sera de 247,4M€ en 2030 et de 315.1M€ en 2040. Le Bien vieillir nécessitera l’engagement de l’ensemble des acteurs publics, privés, associatifs et citoyens. Et un État présent. Pour le moment, il est sans réponse structurelle à la hauteur : « La loi grand âge et autonomie a complètement disparu, on n’en parle plus, l’ARS n’est pas au rendez-vous, même le Grand Est qui supprime des structures de formation d’infirmiers alors que nous aurons besoin de 7700 professionnels de santé en plus d’ici 2040 », affirme Denis Schultz.
Dans ce contexte, l’Alsace prouve une fois encore qu’elle sait se mobiliser : « Le Territoire de demain se prépare aujourd’hui, c’est un territoire ou chacun pourra vieillir dans les meilleures conditions possibles, conserver des liens sociaux et rester acteur de sa vie », conclut Pierre Bihl.
Les prochaines réunions
– Lundi 6 juillet 2026 à 19h. Salle des fêtes de la Mairie, 2 rue du Général-de-Gaulle à Surbourg.
– Vendredi 10 juillet 2026 à 16h. Hôtel d’Alsace, 1 place du Quartier Blanc à Strasbourg.




