vendredi 23 octobre 2026
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Étienne List – L’excellence en images

Natif de Strasbourg, c’est dans les environs de Munster qu’Étienne List a grandi et s’est découvert une passion pour la photographie. D’abord censé l’aider à se créer des souvenirs, ce hobby est progressivement devenu son métier. Au fil des années, son savoir-faire lui a permis de devenir Portraitiste de France ou encore Meilleur Ouvrier de France, mais aussi de continuer à vivre de la photographie.

Comment vous êtes-vous découvert une passion pour la photographie ?

Un jour, ma mère a offert un appareil photo à mon père, mais ils ne s’en sont jamais servis. S’ils avaient essayé de s’y mettre, beaucoup de mes souvenirs d’enfance auraient pu être immortalisés. J’ai rapidement ressenti le besoin de me replonger dans ces souvenirs, mais ce n’était pas facile de compter uniquement sur ma mémoire. À 17 ans, j’ai décidé de ne plus laisser filer aucun souvenir. Je suis allé à la FNAC avec un ami et j’ai acheté mon premier appareil. Je me souviens que je me baladais beaucoup, à la recherche de choses à photographier.

Comment ce hobby est devenu votre métier ?

Au fur et à mesure, avec des amis, nous avons mutualisé nos moyens et nous avons acheté un agrandisseur photographique, un dispositif permettant de projeter un négatif sur un papier sensible à la lumière pour produire des tirages photographiques en chambre noire. Avec le temps, je me suis acheté mon propre matériel et j’ai développé ma technique. En âge d’étudier, je me suis d’abord lancé dans la comptabilité, mais ça ne m’intéressait pas. Je me suis finalement tourné vers une école de photographie privée à Toulouse, l’ETPA. C’est durant ce cursus que je me suis rendu compte de la multiplicité des styles photographiques. J’ai terminé major de promotion et j’ai décroché un diplôme de praticien photo, un équivalent bac +2. Mon rêve ultime, comme beaucoup d’autres jeunes photographes, était de devenir photographe de mode.

Quels souvenirs avez-vous de vos débuts professionnels ?

Comme beaucoup de personnes de mon âge, j’ai fait mon service militaire. J’en garde de très bons souvenirs. J’étais photographe en gendarmerie. J’étais en civil. Je faisais de l’hélicoptère, de la moto, du ski, et toujours un objectif à la main. Il m’arrivait même de suivre des enquêtes judiciaires. C’était une super expérience. En 1997, j’ai commencé à travailler pour un magasin photo à Munster. J’y ai vécu l’arrivée du numérique. J’ai grandement contribué à l’intégrer au sein de la boutique. En 2003, je me suis lancé à mon compte. En douze ans, j’ai été à la tête d’une boutique photo, puis d’un studio. C’est dans ce dernier que je me suis concentré sur la prise de vues pour devenir Portraitiste de France Excellence Major, en 2013 : ma toute première reconnaissance. En 2015, je suis devenu propriétaire de mon propre studio, aménagé à mon image, centré sur le portrait.

La série préférée d’Étienne List. Maëlle Wittmann, maquillée par Pauline Hauck et coiffée par Cédric Valentin-Speich. / ©Étienne List

En 2023, vous avez décroché une autre reconnaissance d’importance…

En effet. J’ai présenté le concours de Meilleur Ouvrier de France (MOF) dans la spécialité photographie, option industrie. J’ai obtenu le titre. C’était et c’est toujours une très grande satisfaction personnelle. C’est une marque d’excellence qui permet de me distinguer.

Portraitiste, photographe industriel… Vous avez plusieurs cordes à votre arc !

En effet. Je suis pluridisciplinaire. Mes domaines d’action sont nombreux : portrait, photographie industrielle et commerciale, publicité, mode, beauté, architecture, mariage, grossesse, famille, etc. Ces derniers temps, je suis très actif dans la photo de nu et boudoir, des domaines qui m’ont permis d’obtenir deux médailles d’or de la photographie. Il faut réussir à se démarquer dans un marché très concurrentiel, bousculé par l’IA depuis peu.

Selon vous, qu’est-ce qui fait une bonne photographie ?

Il y a peu, j’étais le juge français pour la Coupe du Monde de la photographie. Je devais décider quelles étaient les bonnes et les moins bonnes photos. Pour moi, la photographie est un ensemble complet. Si un paramètre n’est pas optimal, la qualité de l’ensemble peut baisser. La rareté, l’esthétique, l’émotion, le graphisme sont autant d’éléments importants. Plus on réunit ces éléments, plus l’image aura un impact. Au quotidien, dans mes créations, la lumière est centrale. Je prends le temps de la construire. L’image, quant à elle, doit être façonnée, nette, graphique et expressive.

Avez-vous des modèles ?

J’en ai deux. Le premier est Andreas H. Bitesnich, un Autrichien actif depuis la fin des années 1980, spécialiste du nu artistique. Mon second modèle est Jake Hicks, un Anglais plus contemporain, que je considère comme une mine d’or de techniques. Je n’hésite pas à utiliser son travail comme support pour donner des idées lors de mes collaborations. J’ai le plaisir de pouvoir échanger avec lui de temps en temps.

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