Maxi Flash : Qu’est-ce qui se cache derrière ce changement de nom ?
Quentin Hohmann : Nous cherchions un nom qui nous représente un peu plus par rapport à ce qu’on fait, tout en gardant la petite cigogne sur la lame. Maison Stamm est tombé sous le sens : maison pour le côté prestigieux, installé, et le double sens puisqu’on récupère du bois des maisons, et Stamm car au début de l’aventure, c’est autour d’un stammtisch avec une bière et de la tarte flambée qu’est né le projet. Nos produits sont également faits pour se rassembler autour d’un bon repas en famille ou entre amis.
Vous avez aussi déménagé à Schnersheim, y’a-t-il eu d’autres évolutions dans l’entreprise depuis un an et demi ?
Le mois de mars 2025 avait été intéressant avec le salon Egast, qui nous a fait connaître sur le côté gastronomique. Nous avons décroché des contrats avec six ou sept restaurants, comme La fourchette des ducs à Obernai. Actuellement nous embauchons deux employés : Thomas est arrivé en août 2025, c’est un ancien maître-nageur, un militaire en reconversion, à la production ; et Arthur, qui nous a rejoints il y a un mois en CDI aussi. Il a 22 ans, un CAP coutellerie obtenu à Thiers, et à la fois de l’expérience artisanale et industrielle. Ensuite, nous sommes arrivés en avril 2026 à Schnersheim, en location dans cet atelier où nous recevons les clients sur rendez-vous pour une visite ou l’achat de produits.

La roulette à tarte flambée, les couteaux de table, d’office, de cuisine, pliant et maintenant le couteau de sommelier. Comment est-il né ?
Sa conception a débuté avant l’été 2025, c’est un produit demandé par les professionnels et les particuliers au vu de ce qu’on faisait : retransmettre le patrimoine viticole dans un produit de coutellerie à partir du bois des tonneaux. Pour la conception, nous avons accueilli Valère Roussel, le sommelier de l’Atelier du peintre à Colmar, qui a été élu meilleur sommelier du Grand Est Gault et Millau en 2025.
Quelles différences présente ce couteau de sommelier ?
Il a un double levier, pour extraire le bouchon en deux temps. En général, les bouchons de grands crus sont plus longs, ils doivent rester bien droits dans la bouteille et être faciles à extraire, avec assez de force en un geste fluide. Il a également une vraie lame fabriquée à Thiers et affûtée comme nos autres couteaux pour couper l’opercule. Et enfin, la mèche de tire-bouchon sur mesure est aussi fabriquée à Thiers, l’un des deux derniers fabricants en France. Toutes les autres pièces sont fabriquées en Alsace et montées dans nos ateliers. Le produit n’est pas hyper révolutionnaire, mais ce sont les petits détails qui font la différence.

D’où viennent les tonneaux que vous utilisez ?
Fin 2024, nous avions récupéré trois tonneaux de la cave des Hospices de Strasbourg, qui avaient entre 75 et 100 ans, cela boucle le cycle viticole. Mais beaucoup de gens nous en proposent, ça s’auto-alimente. D’ailleurs le domaine Ruhlmann-Schutz à Dambach-la-ville nous a donné deux barriques pour faire des sommeliers avec leur propre bois. Une édition limitée dans un coffret en bois avec le couteau et une bouteille de Gewurztraminer vendanges tardives 2021—celui qui a été primé Meilleur vin au monde en 2024—va sortir. Officiellement, il n’en existe plus sur le marché, sauf les cent bouteilles gardées par leurs équipes…
Et comment s’annonce l’avenir ?
On rêve d’avoir notre propre atelier, dimensionné pour ce qu’on fait, et autonome. Nous venons d’investir dans des machines de découpe de l’acier pour faire nos propres lames, reste à acquérir le savoir-faire, avec Arthur. Les premières collections 100% Maison Stamm, avec plusieurs nouvelles offres, du sur-mesure pour les restaurateurs et des collections limitées 100% made in Alsace sortiront d’ici le début 2027.
Le chiffre
30 : 30% des ventes sont réalisées à l’atelier sur rendez-vous et 30% sont réalisées par une trentaine de revendeurs en Alsace. Enfin, les professionnels—restaurateurs et cadeaux d’affaires—représentent 40% des ventes.
www.maisonstamm.fr


