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Automobile – Gautier Ebel, professionnel par passion

La vie est faite de rencontres, d’idées lancées un café en main. Ce n’est pas l’esprit foisonnant de Gautier Ebel – toujours mille projets en maturation – qui a fait naître le concept de préparateurs pour Porsche de compétition, mais il ne lui a pas fallu longtemps pour embrayer. Petite marche arrière. « Mon père a toujours aimé Porsche », commence le pilote-mécano. « Il a fini par en acheter une pour se faire plaisir sur circuit. Pas en compétition, juste comme ça, pour piloter un peu. »

D’abord plutôt réservé, Gautier s’ouvre au fil des minutes, lorsqu’il retrace d’abord ses trois ans au sein de Sébastien Loeb Racing, ses premières gammes chez IMSA Performance à Rouen, ou ses premières restaurations de voitures anciennes. On en arrive donc tranquillement à début 2020, Gautier a quitté une enseigne de karting indoor, et confinement oblige, le voilà à la maison. « Je deviens fou », rigole le jeune homme. « J’appelle Francis Humbert, le patron de Jost Logistique, et il me dit qu’il lui manque un chauffeur-livreur. Au bout de trois mois, il me dit : tu fais de l’entretien, de la préparation depuis longtemps, j’ai un pont et un hangar qui ne font rien, pourquoi tu fais pas ton team ? » Derrière la proposition, il y a aussi une vision gagnant-gagnant : Alexandre Humbert, le fils, est pilote, et avec Gautier, ils se connaissent déjà bien.

Coque de série, mais intérieur allégé et équipé pour la course, avec arceaux et extincteur automatique entre autres. ©SR

« La seule que t’as envie de ramener le soir »

La vie est faite aussi d’arrangements, de coups de pouce. Chez Jost le matin, puis, à environ deux capots d’une 992 GT3, chez Gautier Ebel Motorsport l’après-midi. Le bouche-à-oreille va ensuite très vite. « J’ai aussi eu la chance d’avoir un réseau déjà constitué », reconnaît Gautier. Ses entrées au club Porsche Alsace vont le mettre rapidement en lien avec quelques clients, des gentlemen drivers, un terme pas si désuet pour une marque qui traverse le temps sans prendre une ride.

911, 944, 959… A travers les âges, ces nombres résonnent comme les coups de midi de la Cathédrale de Strasbourg. Sourds. Longs. Indémodables. Quand on demande à Gautier, pourquoi cet amour pour Porsche, et pas une autre marque, la réponse semble évidente : « Porsche, c’est fiable, et en même temps, il y a cet esprit de compétition. Ce sont des véhicules qui ne décotent pas, qui ne sont pas si chers que ça à l’entretien, contrairement à Ferrari, où t’es vite embêté par la fiabilité. À titre de comparaison, des éléments de freinage, t’en as pour un certain prix chez Porsche, alors que chez certaines marques italiennes, c’est parfois plus du double selon la technologie utilisée » Lancé à pleine vitesse sur le sujet, Gautier ajuste sa pensée : « J’ai roulé pas mal de voitures sur circuit. La Porsche, c’est la seule que t’as envie de ramener le soir. Et puis pour les anciennes, ils sont très forts. Là, j’en ai une de 1986, pratiquement toutes les pièces sont disponibles, et comme le siège est à Stuttgart, je les ai en 24 ou 48 heures. Tu prends une marque un peu plus exotique, c’est une galère pas possible juste pour trouver des pièces. »

Le pont peut aussi accueillir d’autres modèles sportifs que Porsche, pour de l’entretien classique ou de la préparation plus poussée. ©SR

Presta complète en compétition

Avec aujourd’hui une trentaine de clients, Gautier arpente les circuits et est aussi moniteur diplômé BPJEPS dans le domaine du sport automobile : perfectionnement au pilotage sur circuit, karting et conduite sur glace. Sa principale activité : les meetings du Porsche Sprint Challenge. « On fait une presta complète : on amène la voiture, on la prépare, le pilote a juste à venir avec son casque et c’est parti. » Le jeune prodige s’avoue lui-même surpris de son succès : « Je pensais avoir trois, quatre voitures pour commencer. Sur certains week-ends, j’en emmène 16 ! »

Au-delà de la compétition, Gautier est aussi revendeur officiel pour les pièces, et le passionné n’a pas besoin de repasser en concession. Comme avec une voiture plus lambda, il la dépose, la reprend et rentre chez lui. « On a aussi fait de l’Alfa Romeo, de l’Alpine Renault, une Ferrari F12… » Sans compter la Subaru Impreza de son ami Cédric, qui file un coup de main de temps en temps. « Je crois qu’il n’aime pas trop les Japonaises », rigole celui qui réalise alors sa vidange lui-même. Les deux hommes ont en tout cas de beaux projets pour les années à venir, comme des rallyes touristiques, des visites de circuit ou des baptêmes de conduite. Parce que la vie est faite de sensations. Celles que procure, par exemple, un moteur allemand placé à l’arrière.

Le pont peut aussi accueillir d’autres modèles sportifs que Porsche, pour de l’entretien classique ou de la préparation plus poussée. ©SR

Petit plaisir

Il l’a cherchée celle-ci. Cette 944 Turbo Cup (1.050 t., 300ch) de 1986, Gautier l’a dénichée en Belgique. « Elle n’a fait que de la course ! Elle est un peu fatiguée (rires). Cet hiver, je vais la fiabiliser, la restaurer comme à l’origine, avec dans l’idée de faire un championnat de France des véhicules historiques. » Rendez-vous est pris pour les premiers tours de piste du petit kiff de Gautier.

gautierebelmotorsport.com

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