Jouer avec la langue relève bien du thème « Le visage » de cette 24e édition. En attestent Sylvie Reff, poétesse originaire de Bischwiller, qui a remis le prix en allemand et alsacien, Gabrielle Spicher, ancienne professeur de Lettres au lycée Maurois et présidente du jury avec Caroline Gutlé-Karcher, ou encore Serge Eckert, boulanger à la retraite qui façonne aussi bien les beignets que les tournures de phrases.
Ainsi commençait son discours :
« Lorsqu’on regarde un visage, que voit-on ? Captons-nous d’abord le regard les yeux dans les yeux, qui sont le reflet de l’âme ? Sommes-nous interpellés par le nez, ce roc, ce pic, ce cap, que dis-je, cette péninsule ! Ou par un simple petit bout de nez ? »Si Gabrielle Spicher s’attendait à « des poèmes plus personnels, avec plus d’émotions », la quantité a dépassé la qualité. « La troisième plus forte participation a été enregistrée, compte Serge, 47 adultes et 38 enfants, plus les 62 dessins consacrés à «Mon animal préféré» . Après un mois de délibérations, les poètes amateurs ont été notés « selon la sensibilité des 18 membres du jury, explique la présidente. Certains sont indulgents, d’autres sévères, et évaluent selon les fautes, les rimes… »
À noter que l’IA a été détectée par la directrice de la médiathèque car « le jury ne prend en compte que les poèmes d’inspiration personnelle », et que pour les enfants, « il n’y a pas de classement. Ils ont tous du mérite ! ».

Le palmarès
En français : 1er Pascal Marchant (Rountzenheim) ; 2e Mical Paris-Strobel (Wissembourg) ; 3e Philippe Wolff (Lipsheim). Distinctions du jury : Mariette Christ (Bischwiller), Isabelle Mischler (Bischwiller) et Irène Deck (Mothern). En alsacien : 1er Schreffsteller Kist-Hilbold (Bolsenheim) ; 2e Clarisse Schitter (Schirrhein) ; 3e Brigitte Gutmann (Allemagne).
Solann Battin
Prix d’or de la Ville de Bischwiller : Mélodiques vibrations, Pascal Marchant.
[…] Tes cils, légers et délicats,
Battaient comme les ailes d’un moineau
Lorsque tu t’endormais contre moi.
Aujourd’hui, ils reposent immobiles,
comme pour le dernier vol d’un oiseau. […]
Gold Priss Sylvie Reff : Das Gesicht, Schreffsteller Kist-Hilbold.
[…] Die Augen wissen, was der Mund verschweigt.
Was tief im Innern bleibt und leise zeigt.
Das Licht fällt hinein und wird verändert
Trägt jeden Schatten fort, der sich verendet […]



