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Fanny Klipfel – L’info, du micro au bureau

Elle a grandi dans le nord de l’Alsace, à Mertzwiller et Bouxwiller, avant de faire ses études en droit et à l’école de journalisme à Strasbourg. Le 3 octobre, elle a été nommée directrice des antennes Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne de France 3 Grand Est après le départ à la retraite de Jean-Marc Dubois. La Schilikoise Fanny Klipfel passe désormais des bureaux de Strasbourg à Nancy et à Reims, sans jamais quitter du regard France 3 Alsace.

Votre carrière a commencé en radio en Alsace, vous vous êtes éloignée en tant qu’attachée de presse à New York et également à France 3 Picardie et Champagne-Ardenne, pour revenir chez vous… C’était un objectif ou un hasard ?
Je suis partie cinq ans d’Alsace, mais à un moment les racines vous rattrapent ! Ce n’est pas un hasard, c’est une fidélité à l’Alsace. Mais je n’ai jamais fait de plan, j’ai pris les situations comme elles se présentent, je saisis les opportunités et vois ce qui arrive. Dans les postes de direction comme celui-là, les mandats sont de quatre ans, donc je laisse venir.

Les téléspectateurs alsaciens vous ont connue à l’antenne avant que vous ne passiez en coulisses…
J’ai été à l’antenne de fin 2000 à 2007, jusqu’au moment où j’ai commencé à encadrer des équipes. J’ai d’abord travaillé avec David Marcelin sur un magazine de sport, puis à la présentation des journaux, des émissions spéciales, des soirées politiques… Ensuite, parce que j’aime avoir une vision globale des situations et que j’ai été assez vite attirée par l’aspect management, j’ai pris des responsabilités en tant que rédactrice-en-chef adjointe, et depuis cinq ans, j’étais à Strasbourg comme déléguée antenne et contenu Grand Est. Mon champ d’action allait de la déontologie à l’autopromotion, mais aussi la météo, les relations avec l’antenne mère à Paris, la production d’une vingtaine de documentaires par an…

Et actuellement quel est votre rôle ?
Il est très différent : sur le Grand Est, on est plus de 380 salariés, c’est presque un rôle de patron de PME, avec beaucoup de ressources humaines, le respect des budgets, l’impulsion éditoriale des projets, en liaison avec le rédacteur-en-chef, les gens du numérique, le chargé des programmes. Mon rôle est d’impulser les choses, d’animer les équipes de cadres-managers qui développent les projets, toujours avec une cohérence de réseau des régions de France 3.

Vous vous éloignez donc de votre métier, cela va vous manquer ?
Je ne sais pas, ça fait une semaine ! Je me projette bien parce que dans cette grande équipe à l’histoire très vaste, je suis attachée à une bonne harmonie de travail et que l’on soit tous unis autour d’un projet. Une grande réforme est prévue pour septembre 2023, elle consiste à réorganiser toutes nos tranches d’information, avec encore une place plus grande accordée aux régions. Ça implique des modifications d’organisation de travail, que les régions se saisissent de l’info nationale et internationale. Mais je pense que quand on est journaliste, ça reste à vie, même si on fait autre chose, c’est dans notre ADN, le traitement de l’info restera toujours.

Quelles sont les nouveautés de la rentrée 2022 ?
Le week-end, on a un nouveau magazine de cuisine qui s’appelle Succulent ! À 12h55, un magazine de découverte du Grand Est, Courant d’Est, pour aller se balader partout. Les nouveautés sont surtout sur le numérique, alimentées avec des productions spécifiques, on a tout intérêt à développer cet aspect. Il y a la websérie sur le minitel, Retour vers le 3615, assez savoureuse, avec pas mal d’archives des années 80 qui sont marrantes. Et un autre docu numérique sur des personnes qui changent de vie pour être en cohérence avec leur souci de l’environnement. On a toujours plein de projets !

Mais les webséries sont-elles appelées à passer à l’écran ?
Parallèlement, on fait des documentaires de 52 min sur le minitel ou sur les Greenswitchers: on travaille sur des formats différents, mais sur des thématiques qui nous tiennent à cœur. La plateforme internet de France TV, en consommation à la demande, gratuite, c’est une seconde antenne. Notre responsabilité de chaîne de service public, c’est d’intéresser le plus de monde, d’où le virage du numérique. On est présent sur les réseaux, bientôt sur tiktok. France 3 aujourd’hui, ce n’est pas juste la télé qu’on allume chez soi.

Quelles émissions avez-vous lancées, celles qui font votre fierté ?
L’une me plaît bien parce qu’elle casse les codes, elle est à l’antenne pour la troisième saison le dimanche matin, en alsacien (toujours sous-titré), – je parle alsacien et j’y suis attachée – , c’est Sùnndi’s Kàter. Ça veut dire la gueule de bois du dimanche. C’est une émission satirique, un peu dans la veine de la Chouc’ ou de Germain Muller, avec une équipe de jeunes comédiens qui fait 26 minutes chaque semaine à la façon des Late night shows à l’américaine dans un faux studio qui accueille des gens. C’est assez barré et déjanté ! Je leur ai dit je veux qu’on sorte du patrimonial et du culturel, avec des thèmes qui agitent la société aujourd’hui, pour montrer que l’alsacien est une langue vivante qui colle aux questionnements du moment. Sur le mode 3e degré, ça fait grincer des dents, mais c’est amusant pour parler des transgenres ou des GAFA… C’est hyper contemporain, mais en alsacien.

Votre ascension à France 3 a été continue et régulière, qu’est-ce qui vous a attirée au début et vos rêves se sont-ils réalisés aujourd’hui ?
Franchement oui ! C’est un truc que je voulais faire depuis que j’ai 13 ans, un déclic, je me suis toujours beaucoup intéressée à l’info autour de moi. C’est un métier qui m’a offert de changer tellement souvent d’angle de vue, de faire des rencontres et qui m’a ouvert des portes, je suis ravie de mes choix.

Pour résumer en trois mots ?
L’info, la proximité en tant que chaîne de service public pour ceux qui nous regardent et dans mon rapport avec les gens qui travaillent avec moi. Et la curiosité.

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