vendredi 30 octobre 2026
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Fort-Louis. Le Fort Vauban traverse les époques

Sur les bords du Rhin, les vestiges du Fort Vauban de Fort-Louis racontent une histoire mouvementée. Agnès Blattner, qui y est installée depuis un demi-siècle, veille avec passion sur ce patrimoine.

Après le traité de Westphalie de 1648, l’Alsace est devenue un territoire essentiel à défendre. Le Roi Soleil, Louis XIV, avait à cœur d’affirmer sa présence sur le Rhin et de défendre les frontières de son royaume. Pour ce faire, le Roi a ordonné à Sébastien Le Prestre de Vauban d’ériger un fort, qui deviendra Fort-Louis. Les travaux ont débuté en 1686. La première pierre a été posée par Vauban en personne le 6 janvier 1687.

Le dispositif reposait alors sur trois ouvrages : le fort Carré au cœur de la défense, le fort Alsace, sur la rive alsacienne, et le fort Marquisat, sur la rive opposée en pays de Bade. Au sein même de la garnison, une cité s’est développée, attirant habitants, artisans et commerçants. Très rapidement, les conflits successifs ont commencé à fragiliser la place forte. Assiégée en 1705 et 1706, puis attaquée pendant la Révolution, Fort-Louis voit ses fortifications détruites en 1794, puis ses ouvrages démantelés en 1818. Devenu obsolète face aux progrès de l’armement, l’ancien fort est devenu une carrière de pierres. Aujourd’hui, talus, fossés et pans de murs témoignent encore de cette épopée.

Le fort Carré de Fort-Louis, vu du ciel. / ©Thomas Noth

Agnès Blattner, passeuse d’histoire

Originaire de Haguenau, Agnès Blattner s’est installée avec son mari Jean-François à Fort-Louis en 1975 : « Il était instituteur et nous disposions d’un logement de fonction », se souvient-elle. Très rapidement, le couple s’est découvert une passion pour l’histoire du village, si bien que Jean-François y a consacré quatre volumes au milieu des années 1980 : « Les recherches sont constantes », poursuit Agnès. En 2005, alors fraîchement retraité, son mari décida de se rendre à une commémoration en hommage à Vauban, à Paris : « Il n’en est jamais revenu.

Il décéda sur la route, d’un accident. Depuis, je poursuis son œuvre avec détermination », confie Agnès avec émotion. Aujourd’hui septuagénaire, elle continue de rassembler et d’étudier de nombreux documents, avec l’ambition de rédiger un jour une monographie encore plus complète. Son engagement se traduit aussi par des actions concrètes : « Je propose des visites guidées et commentées tout au long de l’année. En parallèle, j’aimerais également renouveler l’ensemble de la signalétique du site », conclut-elle.

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