vendredi 2 décembre 2022
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Le quart d’heure de Line #7

Chez moi derrière la lune, hender’m Mond d’Heim, on aime bien cette image d’Epinal du village d’autrefois avec ses figures emblématiques : dè Herr-Maire (Monsieur le maire), dè Pfarrè (le pasteur ou le curé), dè Schuelmeichter (le maître d’école). Il y avait aussi la Schuelmamsel (jeune maîtresse) oder d’Schuelmadam’, souvent l’épouse du maître. Ils faisaient toute leur carrière ùff dè salb Bühn (sur la même estrade), enseignant souvent à deux générations successives… Imaginez ma tête d’élève de CP lorsqu’un soir, j’ai entendu mon instituteur demander à ma mère convoquée pour un problème de maths non résolu «Ja weich né meh wie ich der’s gelert hab ?» (mais tu ne sais plus comment je t’ai appris à faire ?). Bref c’était un beau métier, celui qu’on aimerait tous exercer en juillet, quand ça sent bon les Grossèferiè (grandes vacances) ; un métier que nous ferions d’ailleurs bien d’exercer ne serait-ce qu’une journée pour voir ce que c’est richtig (en vrai). Avec un peu de chance ce serait un jour sans Kotzèt (vomi), mais probablement n’échapperions nous pas à une Schnudelnàss (un nez qui coule), un Heftplachder (sparadrap) sur un bobo et des pleurs. En tous cas, pour maintenir le calme, moi je ne sais pas si je résisterais à un lancer de craie, ou de nàssi Schwamm (éponge mouillée). Quoi, y’a plus de craies ni d’éponges dans les salles de classe ? Décidément, exercer ce métier esch ken Picknick (n’est pas une sinécure). Alors, quand fin août, tout ce petit monde prépare son Schuelersack (cartable), son programme, et tout son courage pour affronter une nouvelle année scolaire, je me dis que leurs Schuelferiè (vacances scolaires) étaient bien méritées et que, voyant ce qui les attend, je leur laisse avec plaisir ce petit privilège… Gueder Sommer in Allè (bel été à tous) !

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