mardi 26 mai 2026
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Les grands Bretzels d’or – Le Mime Marceau

Marcel Mangel garde le souvenir d’une enfance heureuse à Strasbourg, dans la rue des magasins. Mais tout bascule avant l’exode en Dordogne en 39 et plus tard, la fuite de sa famille juive vers la zone libre. Son père est boucher, il trouve du travail à Périgueux et Limoges avant d’être arrêté et déporté à Auschwitz. Marcel s’engage dans la résistance avec son frère Simon et il rejoint la Première armée pour libérer Paris. Plus tard, il se forme à l’école de Charles Dullin, pour devenir acteur. Il en sort mime et change de nom, un nom qu’il s’était déjà choisi dans le maquis : Marcel Marceau.

Il apparaît au cinéma dans Les Enfants du Paradis de Marcel Carné en 1945. L’année suivante, il crée sa propre compagnie, la seule troupe de mime au monde jusqu’à la fin des années 60. Son personnage, Bip, avec sa marche contre le vent, a inspiré Michael Jackson dont le Moonwalk n’est en fait qu’un mimétisme du Mime Marceau.

Son pseudonyme d’artiste, Marcel Marceau, deviendra son vrai nom. L’artiste a été autorisé par décret officiel à substituer à son nom de naissance celui sous lequel il avait fait carrière. Une grande carrière de renommée mondiale, à tel point qu’en Alsace, on l’oublie presque. Les Alsaciens sont coutumiers du fait, Claude Rich et plus récemment Alex Lutz se sont plaints de cet « éloignement affectif ». Marcel Marceau affirmait pourtant : «Si je suis devenu le mime que je suis, c’est parce que j’ai eu une enfance heureuse. Le fait de voyager dans le monde entier ne m’a pas fait oublier que Strasbourg était aussi un univers merveilleux que j’aime retrouver ». Germain Muller avait le chic de « rapatrier » les artistes vers son Alsace.

Il organisait des visites de Strasbourg pour des Alsaciens célèbres de Paris. Il rendit un bel hommage à son ami Marcel lors de la cérémonie du 27 mars 1990 en l’auditorium de France 3 Alsace où le Mime a reçu le Grand bretzel d’or. Tous deux se sont connus dans une troupe d’artistes en herbe au lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg en 1938 avant de devoir se séparer. Germain Muller rappela que par son art, le Mime Marceau a œuvré pour la paix, et il a conclu avec ces mots : le reste n’est que silence. Sa contribution à la culture mondiale est gravée dans l’histoire de l’art, mais le silence de Strasbourg est resté assourdissant.

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