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Schweighouse – Le violon sans frontière de Laura Balès, luthière

Elle a grandi à Schweighouse-sur-Moder et revient souvent voir sa famille alsacienne, mais, à 44 ans, Laura Balès a parcouru le monde au son du violon : elle est luthière à Paimboeuf, après des études en Italie et une solide expérience en Californie.

Maxi Flash : Comment vous est venue cette passion pour le violon et la lutherie ?

Laura Balès : J’ai rencontré un luthier à Strasbourg, Thierry Ligier. Je prenais des cours de violon à côté de la cathédrale -j’ai commencé à jouer à Haguenau vers 10 ans-et j’avais une révision à faire. Quand j’ai vu ses outils, son établi, le bois, le verni, toute l’atmosphère qui régnait là, ça m’a donné envie. J’avais 18 ans, et je ne savais pas trop quelles études poursuivre. Je suis donc partie à Parme en 1998, et j’ai eu le diplôme international de luthière en 2000.

Puis le métier vous a fait voyager ?

J’ai eu la chance d’exercer trois ans en Californie, à côté de Los Angeles dans un atelier à Glendale, chez Thomas Metzler. J’y ai fait de l’entretien d’instruments, du nettoyage, un peu de reméchage d’archer, parfois j’ai simplement changé les cordes. Puis je suis revenue des États-Unis et je me suis un peu perdue, je n’ai plus fait de lutherie que pour mon plaisir personnel. J’ai carrément changé de branche en travaillant dans l’hôtellerie, car il y a beaucoup de luthiers à Strasbourg. Financièrement c’était compliqué, et les gens ne vont pas voir le luthier tous les jours !

Après cette parenthèse, vous exercez votre métier en Loire-Atlantique ?

Oui, tout dépend de la région. Nous sommes trois dans le secteur. Je suis partie en 2011 pour rejoindre mon compagnon bibliothécaire à Saint-Nazaire, et en vingt ans, je me suis fait un nom, j’ai rencontré des professeurs, je travaille avec les écoles de musique, je loue des violons. Il faut trouver de bons contacts pour qu’il nous adresse des gens.

De nos jours, fabrique-t-on encore un violon de A à Z ?

De temps en temps, même s’il y a beaucoup de fabrication industrielle ! Il faut au moins 350 voire 400 heures de travail. Je n’ai aucune machine, je fais tout à la main, je n’ai que des gouges, des ciseaux à bois, des limes, des râpes… Chaque violon fait main est personnel, unique, il aura sa propre sonorité, c’est le contraire des violons de série.

Puis c’est à leur tour de voyager autour du monde ?

J’en ai vendus en Californie, en Italie, dans le sud de la France, en Bulgarie. Ce qui est surtout beau, c’est de savoir qu’on l’a fait avec nos mains et qu’il est dans celles d’un violoniste, qu’il vit et qu’il est presque immortel en traversant les générations, les pays.

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