Quand elle était petite, à Hockenheim en Allemagne, Julia Seltenreich s’occupait de décorer les meubles de sa chambre. Elle a aussi cousu des sacs, des petits hauts, fabriqué ses propres rideaux à 15 ans, aidée de sa mère « avocate, mais très créative dans le privé », tout comme son père, dans le commerce. Alors quand ses parents achètent une maison à Seebach pour y habiter, ils proposent à leur fille « d’ouvrir un atelier dans ce grand espace, où l’atmosphère invite à la création », raconte Julia, 26 ans.
Quand elle démarre en septembre 2023, c’est un rêve de petite fille qui se réalise, après trois ans d’apprentissage dans la tapisserie et la décoration, et un an de Master en entreprise. Elle aurait pu devenir menuisier, mais est « tombée amoureuse du matériau tissu ».
Du neuf et de l’ancien
Ses trois machines à coudre —l’une massive, à compresseur, pour les matériaux épais, l’autre pour les finitions et la dernière pour les rideaux—, sont toutes d’occasion. « Elles fonctionnent toute la journée, elles ne cassent pas mais on pourrait les réparer sans être électricien ! » Julia se souvient : « Une famille de Seebach a été la première à refaire deux chaises avec un nouveau cuir. Soit les clients viennent à l’atelier, soit je vais chez eux : les couleurs sont différentes sous leur lumière, et je préfère prendre les mesures pour faire mes dessins, puis installer moi-même ».

Aujourd’hui, elle réalise une commande de rideaux pour une nouvelle maison : « Je fais autant de neuf que d’ancien, estime-t-elle. Dans le neuf, j’aime trouver une solution, un style, et ce qui est intéressant dans l’ancien, c’est voir le travail de l’époque, la technique et la refaire ».
C’est le cas du beau fauteuil tapissier qui a appartenu à l’ancien propriétaire. Il côtoie un cheval à bascule, des bancs rembourrés et des coussins colorés. « C’est intéressant pour les touristes, un peu romantiques… », glisse celle qui passe facilement du français à l’allemand. « Je prends des cours et quand je suis dans un bon jour, je peux parler français, s’amuse-t-elle. Mais les Alsaciens me disent souvent qu’on peut parler allemand… » Pratique pour intervenir de chez nous à Mannheim, et quoiqu’il en soit, sa passion n’a pas de frontière. « Je mets mein Herz dans mes créations », conclut-elle dans un sourire.
Boutique en ligne et infos : www.atelierjulia.com




