jeudi 30 avril 2026
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Sich uff è Bànk ànnesétze… – À m’asseoir sur un banc en Alsace #4

Les bancs racontent des histoires… Surtout les bancs… historiques ! S’asseoir sur un banc de l’Impératrice, au bord d’une petite route départementale, dans des effluves de Véjelèttel (violette), avec le Sunne-Untergàng (soleil couchant) qui caresse le visage, ça ne peut se faire que bi uns em Elsàss (chez nous en Alsace). Il en reste è Hunderter (une centaine), vestiges du 19e siècle, issus de deux événements distincts : les bancs-reposoirs du Roi de Rome sont érigés de 1811 à 1812 pour honorer d’Geburt (la naissance) du fils de Napoléon 1er le 20 mars 1811, et ceux de l’Impératrice érigés à partir de 1853 pour honorer le 1er anniversaire de mariage de la Kaisere (l’impératrice) Eugénie de Montijo avec Napoléon III.

Avec leurs deux colonnes soutenant deux linteaux de Sàndstein (grès) rose bien de chez nous, les Napeles Bänk (bancs Napoléon) comme on les a surnommés, donnent envie de se caser dedans, ou dessus, ou dessous ?! Celui-ci, visité zwesche Dàà ùn Sehsch-mich-nett (littéralement entre jour et tu-ne me-vois-plus = au crépuscule) est sur la route D76 entre Hoffen et Hunspach et sa pierre est encore lauwààrm (tiède) quand je m’y installe. Même s’il penche un peu (beaucoup !) et si l’Impératrice n’y a jamais posé son Hentere (postérieur), on s’y sent comme une Kénniginn (reine), comme immortalisé dans le cadre d’un tableau, avec un Hentergrund (arrière-plan) figé dans le temps. D’ailleurs, le linteau supérieur est millésimé 1857.

Autant dire que depuis 169 ans, ce banc-reposoir a dû en voir passer des Büre (paysans), femmes et hommes, marchant Dorf zè Dorf (de village en village), chargés de victuailles. On les imagine heureux de pouvoir profiter de ce banc ingénieux qui permettait de déposer leurs lourdes charges sur le linteau supérieur et de üssrüeje (se reposer) sur le linteau inférieur. Entre-temps, ce banc est devenu une belle occasion de pause pour un vélofàhrer (cycliste) venu déguster sa barre énergétique. Il lui est arrivé aussi d’incarner un lieu de Rannes (rendez-vous) pour un petit couple de Jungè (jeunes) venu en Solex ou en mobylette. Ce banc-reposoir a bien gardé sa vocation première d’offrir le repos, dans son sens d’arrêt du mouvement, un arrêt sur image, malgré le temps qui passe.

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