Une créatrice de vitraux, un historien, une soprano, des musiciens, un photographe, et Colette Botte. Amatrice de création artistique et de poésie, elle a été psychologue et psychanalyste libérale pendant vingt-cinq ans. « J’ai voulu donner un autre tour à mon métier en transmettant la culture de l’art dans un lieu de fabrication de l’œuvre, faisant le pari qu’en surgira la poïétique », explique-t-elle.
Elle lance La main des poètes dans cet esprit avec une petite équipe de bénévoles : « C’est un nom fabriqué avec du corps, la main sait, c’est le concept ». Lorsqu’elle rencontre la vitrailliste de Wimmenau Mylène Billand à la chapelle St-Wendelin de Hochfelden, la matière de son premier événement s’impose : « Elle est venue à moi ! La passerelle entre psychanalyse et poésie est étroite : le geste des artistes porte l’humain ».

La personnalité du verre
Une fois l’artisan choisi, Colette Botte lui associe deux ou trois autres artistes, « qui se laissent inspirer et créent dans ce sens ». Ainsi l’après-midi du 22 mars, Laurent Ridel expliquera comment lire une scène dans un vitrail, l’ensemble Intercolor de Sara Taboada entonnera des chants médiévaux, Colette lira des poèmes et Franck Horand « qui a photographié les mains de Mylène dans son atelier exposera les clichés de son geste. J’aimerais que les gens apprennent la personnalité du verre, c’est une matière qui parle, refuse ou accepte ». Mylène, quant à elle, proposera une démonstration de coupe et sertissage de vitrail, avant de présenter son spectacle de marionnettes en vitrail, La veuve et le chevalier.
La vitrailliste confesse avoir bien lu la passion en Colette Botte et a rejoint son projet parce que « sa démarche rentre dans la mienne. Mon spectacle est traditionnel, sans aucune nouvelle technologie, je raconte, bouge les marionnettes, actionne les lumières et chante. C’est une contemplation obligatoire, une bulle de respiration ».
Toutes deux plaident également la déconnexion des écrans et disent tenir « beaucoup à la transmission aux jeunes générations. Plutôt que lire sur les réseaux, qu’ils apprennent à regarder et penser par eux-mêmes » en allant à la rencontre des œuvres.
Le 22 mars de 13h30 à 21h30 à la salle Amadeus du Munsterhof, rue des Juifs à Strasbourg. Entrée 25€/20€ (gratuit -15 ans), infos et réservations sur www.lamaindespoetes.com




