Aedes albopictus, c’est son nom scientifique. Le moustique tigre se répand à travers tout le pays depuis des années. L’Alsace n’y échappe pas : « C’est un moustique d’Asie du Sud-Est, arrivé en France en 2004. Il progresse en suivant les axes de communication. L’Alsace est bien desservie, et le climat lui plaît. C’est le combo gagnant pour le moustique tigre », explique Philippe Bindler, du service démoustication de la Brigade Verte d’Alsace.
Comme tous ses congénères, le tigre a besoin d’eau et de chaleur pour se développer. Alors, avec le réchauffement climatique, la situation ne va pas s’arranger : « C’est un moustique de récipients. 80 % des gîtes à moustiques tigres se trouvent sur les propriétés privées. Il suffit qu’il y ait de l’eau dans un récipient pendant une semaine ». Un bol d’eau laissé dans un coin peut ainsi permettre son apparition.
Les bons gestes à adopter
Heureusement, il est possible de lutter. Le premier geste à adopter est donc d’éviter l’eau stagnante : « Videz une fois par semaine les récipients, mettez un couvercle sur les récupérateurs d’eau, retournez les arrosoirs. C’est une lutte collective. Si les voisins ont cette vigilance, s’ils se parlent, ça fonctionne », illustre-t-il. Certains penseront peut-être à acheter des appareils anti-moustiques. Mais sont-ils vraiment utiles ? « Ce n’est pas vraiment efficace. C’est plutôt contre-productif », répond Philippe Bindler. Son service au sein de la Brigade Verte, en revanche, est efficace.
Il a deux missions principales : « La première, c’est éviter les épidémies. La deuxième, c’est aider les collectivités à lutter en tant que conseiller, organisme formateur et centre de ressources ». L’organisme public peut aussi former des relais locaux. À cela s’ajoutent le site Internet et la plateforme gratuite AppliMoustique : « Les gens peuvent faire le tour du jardin avec un smartphone, et nous, on les aide à identifier les sites larvaires. Puis on leur propose des solutions ». Les solutions pour se prémunir contre le moustique tigre existent, il ne reste plus qu’à s’en emparer.



