vendredi 24 mai 2024
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Alsace – Jeannala et Seppala ont 20 ans

C’est l’une des fiertés alsaciennes, la réussite de Jeannala et Seppala, ces personnages vêtus du costume traditionnel alsacien qui sont pour leur créateur le reflet du terroir, de l’accueil et de la générosité de la région Alsace.

L’aventure a commencé pendant l’été 2004 dans les Landes. David Grandmaire, un Vosgien installé à Zimmerbach depuis 2001, est en vacances. C’est une belle journée ensoleillée du mois d’août. Gendarme dans la vie, mais passionné par la peinture et le dessin, il ne se sépare jamais de son petit carnet.

Ce jour-là, sans trop savoir pourquoi, il dessine deux petits bonshommes. « Mon idée était de créer deux petits personnages, les plus simples possible, en quelques coups de crayon. Avec l’envie de faire passer quelque chose de sympathique, un univers empreint de bonne humeur. J’ai éliminé les oreilles, les yeux et le nez au fur et à mesure, et je suis arrivé à cette forme très ronde, juste la tête et le sourire. » C’est ainsi que Petite Jeanne et Petit Joseph sont nés. L’autodidacte dessine d’autres personnages, les montre dans les expositions avec ses peintures à l’huile et se rend compte que ça « accroche » bien. Alors, il arrête la peinture et, sans imaginer de stratégie, pendant cinq ou six ans, il travaille ses dessins et les expose.

Jeannala et Seppala, le sourire alsacien. / ©Dr

Puis, il imagine un calendrier et quelques cartes postales. En 2010, il propose au potier de Kaysersberg d’illustrer une trentaine de pièces avec ses personnages. Lors d’une expo, il les vend toutes en une heure. « Là, je me suis dit quand même, il y a un truc à faire. Au bout de six ans, c’est vrai, je ne suis pas très rapide … » Il essaye de proposer ses créations à des industriels, mais personne n’est intéressé, alors, en 2011, il crée sa société. C’est un carton, aujourd’hui les produits Jeannala et Seppala sont disponibles dans 200 points de vente, de Vendenheim (dans son seul magasin dont il est propriétaire, à Shopping Promenade), à Colmar, en passant par Riquewihr. Pour se faire plaisir ou faire plaisir, il y a des chaussettes, des tee-shirts, de la vaisselle, des lampes, des confitures de chez Sophie Weynmann à Chatenois, des nappes, une grosse partie textile, des verres, mais l’association dont il est particulièrement fier est celle avec la poterie de Soufflenheim : « La famille Beck nous a suivis immédiatement. On est devenu très important dans leur production, on vend vraiment beaucoup des pièces dans leur catalogue ».

Le symbole de l’Alsace ?

David Grandmaire est un chef d’entreprise très organisé, il sait où il va, à son rythme. Il fait éditer les produits (700 références en 20 ans), les commande en quantité suffisante et ses commerciaux sont chargés de les vendre aux points de vente. Un joli boulot, car Jeannala et Seppala, c’est la joie incarnée. Ce visage sans nez, sans yeux, est néanmoins (ah ah) très expressif : « Le sourire suffit. Il y a des gens qui ne s’aperçoivent pas qu’il n’y a pas de visage ».

Et c’est la grande réussite de David Grandmaire, ce sourire communicatif, mais aussi cette alliance entre les traditions alsaciennes et la modernité de son trait, car ses visuels n’ont rien de poussiéreux : « On met en avant le côté très positif et très dynamique de la région. Les gens s’approprient Jeannala et Seppala. Dans la boutique, je les entends parfois dire que c’est le symbole de l’Alsace », dit-il.

Depuis 2004, David Grandmaire dessine Jeannala et Seppala. / ©Dr

Finie la vie de gendarme

De janvier à mars, David Grandmaire crée de nouveaux personnages et publie un calendrier avec douze nouveaux dessins (cette année par exemple il y a une page sur les Jeux olympiques). Même s’il a bien aimé son métier, il n’est plus gendarme. Sa vie n’a plus rien à voir : « Je suis très heureux d’avoir créé des emplois dans un univers créatif. À chaque fois que je sors un objet, je consulte les filles du magasin et les commerciaux, on discute, on s’amuse comme ça. Bien sûr, il y a les contraintes économiques comme pour toutes les entreprises, mais je touche du bois, pour l’instant ça va, on développe à notre rythme, on ne cède pas à n’importe quelle mode, on fait notre chemin. Je suis très heureux, parce que je dessine grâce à Jeannala et Seppala ».

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