jeudi 8 décembre 2022
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Caroline Bene Jung – Dans le blanc des yeux

Elle a toujours voulu écrire, alors quand Caroline nous a envoyé un petit texte qui mélange l’alsacien et le français, l’équipe de Maxi Flash a eu envie de lui proposer une petite place. Le quart d’heure de Line est son espace de liberté (il paraît qu’elle n’aime pas trop la première partie de son prénom), pour rêver un peu, pour rigoler aussi et pour parler de la vie, tout simplement. Mais qui est Caroline Bene Jung ? Au moment où paraît sa première chronique (en page 2 de ce numéro), Maxi Flash est allé à Wissembourg pour lui poser quelques questions.

Qui êtes-vous ?

Je suis née à Haguenau en 1980, à l’époque on ne naissait plus dans les chaumières, mais j’ai grandi à Lampertsloch, un petit village entre l’Outre-Forêt et la Vallée de la Sauer. Mon alsacien est celui de là-bas, pas celui de Haguenau ni celui de Wissembourg ou de Hoffen! J’étais une élève très scolaire, j’ai réussi à faire plaisir à mes parents. Mais j’étais une littéraire refoulée, je ne me suis pas spécialement épanouie dans la filière scientifique que j’avais choisie. Au bac, j’ai eu 16 en philo et 5 en maths.

Et ensuite ?

Je ne savais pas trop où aller, alors j’ai fait un DEUG de psycho sans l’ambition de devenir psy. Ce qui m’intéressait c’était l’éthologie, l’étude du comportement animal, mais pour trouver un poste c’était très compliqué, il y en a un tous les 20 ans. J’ai cherché une autre idée, et comme une école d’optique ouvrait à Strasbourg, je me suis inscrite et je suis devenue opticienne. J’exerce depuis 20 ans entre Haguenau, Soultz-Sous-Forêts et Wissembourg. J’aime cette ville de Wissembourg, c’est un cadre privilégié, les gens sont très sympas.

Vous n’avez pas fait d’études littéraires, mais vous avez toujours lu ?

Oui. Petite, je jouais à la bibliothécaire avec les livres de la Bibliothèque Rose, j’aimais ça. J’ai lu tous les Marcel Pagnol, j’étais complètement fan, j’aime les romans et les histoires vraies. Je suis beaucoup plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral. Pour moi, c’est un moyen d’expression et de communication plus évident, plus noble. Cela me convient mieux. Comme j’ai beaucoup d’imagination, cela peut partir dans tous les sens. J’ai entretenu beaucoup de correspondances dans ma vie et j’ai écrit plein de choses qui jusque-là sont restées dans mes petits carnets. Un jour j’aimerais écrire un roman, quand je serai grande. Quand je serai prête. Je manque de temps, je travaille beaucoup et je suis jeune maman.
Qu’est-ce qui vous rend heureuse dans la vie ?
Les choses simples. Rencontrer des gens. La nature. Je me promène chaque jour entre midi et deux notamment, j’en ai vraiment besoin.

Votre mari est meunier, c’est comment la vie avec un meunier ?

Je ne sais pas si tous les meuniers sont comme lui, mais il est très taiseux et cela me correspond bien. Il parle peu et moi beaucoup, on est complémentaires. Sa vie est rythmée par son métier, pas forcément que la meunerie, mais aussi l’agriculture bio ; il essaye beaucoup de choses, il ne veut pas juste produire, il souhaite expérimenter. Ça prend du temps, il faut accepter que cela prenne beaucoup de place.
(N.D.L.R : Hoffen, Le meunier de la Waldmühle veille au grain, sur haguenau.maxi-flash.com)

Vous êtes opticienne, et vous aimez votre métier ?

Oui. J’aime le contact avec les gens. Forcément, au bout de 20 ans, on a créé des liens. Je connais leurs histoires, leur famille. Malheureusement, on fait de moins en moins de technique, on ne taille plus les verres aujourd’hui, on les reçoit déjà taillés. En fait, je suis nostalgique d’une période que je n’ai en réalité jamais connue, dans mon métier, mais aussi pour tout le reste. C’est un peu cliché, mais je trouve qu’avant, la période de la génération de mes parents, c’était mieux. C’est certainement un fantasme, mais il y avait une forme de liberté qui arrivait. Je ne sais pas, peut-être que je suis un peu vieux jeu, mais je trouve que les gens étaient mieux habillés, la musique était mieux, les meubles, les bâtiments et les voitures étaient plus jolis. L’époque n’est pas moins violente, mais on est trop bouffés par des choses inutiles, les écrans et trop d’informations.

À partir de ce numéro, les lecteurs de Maxi Flash vous retrouveront régulièrement pour votre rubrique, Le quart d’heure de Line qui mélangera l’alsacien et le français. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Dans ma tête, je réfléchis dans les deux langues, parfois les mots alsaciens sont plus forts que les mots français. Comme je suis à l’aise avec tout ça, je trouve intéressant de mêler les deux. J’ai commencé par le français avec mes parents, mais en maternelle, bizarrement, tout le monde parlait alsacien, je ne comprenais rien, j’étais assez isolée. Alors, mes parents ont commencé à me parler en alsacien à la maison. J’espère que pour cette rubrique les puristes ou les initiés ne seront pas trop pointilleux, car il y aura forcément des critiques, mais c’est aussi une liberté d’écriture avec laquelle je vais jouer. Je ne suis pas une linguiste, mais j’aime l’alsacien. Chez moi, derrière la lune, hender’m Mond d’Heim, c’est là que je vous invite dans ma petite chronique, ce sera un voyage un peu décalé, dans mon monde ganz Newè dè Kapp (complètement à côté de la casquette) !

Qu’attendez-vous de cette rubrique ?

J’espère juste que cela ne froissera jamais personne. Je pense que c’est un début, je ne cherche pas de notoriété, mais j’ai envie de dire des choses. C’est un partage.

Pour lire le premier quart d’heure de Line, cliquez ici ! 

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