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Denis Ramspacher : « On ne reste pas les deux pieds dans les mêmes sabots »

Entre l’après-covid, la guerre en Ukraine, l’inflation et le dérèglement climatique, l’été des agriculteurs a été semé d’embûches. Pour Maxi Flash, Denis Ramspacher, président de la Chambre d’agriculture d’Alsace, dresse le bilan tout en se tournant vers l’avenir.

Maxi Flash : C’est un été record qui s’achève. Quel est l’impact sur les cultures ?

Denis Ramspacher : Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. En 2021, nous avons eu une année très humide. C’était tout l’inverse en 2022. Le problème, c’est que nous faisons face à des excès : trop humide ou trop sec. Pour les cultures d’hiver, c’était à peu près correct. Cependant, les cultures de printemps comme les betteraves, les maïs ou les tournesols ont eu beaucoup de difficultés à se développer. Nous n’avons même pas eu la moitié de l’eau que nous devrions avoir sur une année normale. Les disparités sont énormes. Les rendements du maïs, par exemple, sont 30 à 40 % inférieurs à la normale. Ils sont secs et fragiles. Du côté des céréales, il y en a moins. La sécheresse et le conflit en Ukraine ont eu de grosses conséquences sur les prix. Ceux qui font de l’élevage ont aussi dû acheter de quoi nourrir les bêtes, ça leur revient très cher. Avec la chaleur, l’herbe a grillé.

Il y a eu du changement au niveau des prix aussi ?

DR : Oui. Les engrais, par exemple, sont quatre fois plus chers qu’en début d’année. Ils sont passés de 250 à 1000 € la tonne. Le gazole a aussi beaucoup augmenté. Si nous ajoutons 70 centimes au prix du litre, tout en sachant que des exploitations utilisent 35 à
40 000 litres par an, ça représente 30 000 € de charges supplémen-taires. Les prix des céréales ont aussi beaucoup augmenté, la main-d’œuvre mécanique également.

Denis Ramspacher, président de la Chambre d’agriculture d’Alsace depuis 2019. / ©DR

Est-ce que le monde agricole a été aidé ?

DR : Certaines productions alimentaires ont eu des aides, notamment la production porcine et l’alimentation générale. Mais ça ne suffit pas et ça ne compense jamais les augmentations de prix dans le monde agricole.

L’agriculture doit-elle innover ?

DR : Bien sûr, on ne reste pas les deux pieds dans les mêmes sabots. Dans tous les domaines, nous sommes en train de réfléchir à des variétés plus résistantes. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. À la Chambre d’agriculture d’Alsace, nous travaillons avec des coopératives et des organismes. Dans l’élevage, la grande crainte est de perdre des filières. Si un jour une étable ferme ses portes, elle n’ouvre plus. Pour ceux qui ont la chance de pouvoir irriguer, on aimerait trouver des systèmes plus résilients, pour gérer l’utilisation de l’eau. C’est un système qu’on pourrait adapter aux fruits et légumes, par exemple.

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