lundi 26 octobre 2026
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Guillaume Noth – Touche au but à Bischwiller

À 30 ans, le maire de Bischwiller a l’engagement dans la peau, entre associations, partis politiques et mandats, depuis l’adolescence. Il entend bien faire de sa ville de 12400 habitants un lieu de rassemblement, toutes générations confondues. Après des études de droit, titulaire d’un master en Ressources humaines, Guillaume Noth travaillait à la Gare de l’Est avant d’être élu. De ses souvenirs dans le ried bischwillerois sur le tracteur de son père aux terrains de foot où il arbitre encore, marié depuis un an, passionné de voyages et d’histoire, le nouveau maire est aussi président du Souvenir Français où il cherche un successeur, pour se consacrer pleinement à la dynamique de sa ville.

Quand vous êtes-vous intéressé par la première fois à la politique ?

Les allocutions de Jacques Chirac m’ont marqué, j’étais très petit, mais j’ai été impressionné par le personnage sans comprendre le fond de la pensée. Puis j’écoutais la radio, je lisais les journaux, je me faisais ma propre opinion. J’ai toujours été délégué de classe et eu cette volonté de défendre les autres, cet esprit de dire si on ne veut pas que les autres décident pour soi, il faut s’engager. Je le répète aussi quand je visite les lycées et collèges : croyez en vous et ne vous laissez pas dicter votre chemin.

Ainsi votre première candidature date de 2014, à 18 ans !

Oui, j’étais en 26e position sur la liste de Nicole Thomas, la maire sortante. J’étais effectivement très jeune, mais je connaissais la plupart des colistiers par mes engagements dans la vie associative. J’étais plein de bonne volonté, la fougue de la jeunesse, le porte-à-porte, le militantisme, la rencontre, tout cela m’intéressait. En 2013, j’avais rejoint l’UMP, et j’ai évolué au sein du parti avant d’être conseiller national des Républicains par la suite. Et en 2018, j’ai commencé professionnellement en tant que collaborateur parlementaire du député Fabien Di Filippo basé à Sarrebourg. Puis en 2020, Jean-Lucien Netzer me confie la communication, pour donner une nouvelle image de la ville à travers les réseaux, les affichages, les événements…

Et en 2026, vous êtes tête de liste. Comment la jeunesse a-t-elle convaincu les électeurs ?

Nous prenons la décision collégiale de nous engager fin 2025, avec la volonté de construire une équipe avec ceux déjà présents, et d’inclure 50% de nouvelles personnes, issues d’un engagement associatif et représentatives des différents quartiers. Pour gagner, on a travaillé sur un projet de continuité, mais audacieux, pour que les Bischwillerois fassent confiance à la jeunesse. Dans mon équipe, il y a des retraités et des actifs, et la moyenne d’âge a baissé à 40 ans.

Le nouveau conseil municipal de Bischwiller installé en mars 2026. / ©VilleBischwiller

Après une campagne au contact des habitants, mais aussi sur les réseaux sociaux, vous êtes élu avec 59,98% des voix. Quelles sont les premières idées mises en place ?

Oui, il manquait une voix pour arriver à 60% ! Mais c’est un écart de voix conséquent, où l’on voit qu’on a été sérieux. La première étape a été la façon d’aborder la politique et d’établir du lien avec la population. Nous avons instauré les permanences d’élus et les rencontres au marché sur un stand de la municipalité, où le maire ou les adjoints sont disponibles pour répondre aux habitants. Les retours sont positifs et les interactions continues, je pense que c’est important. Le maire est peut-être encore l’élu de confiance, je dirais qu’il doit rester pratiquement à portée de baffes de sa population pour avoir les retours, en tout cas les besoins. Nous avons aussi changé le lieu de la fête foraine, et choisi le centre-ville pour créer des moments de rassemblement, tout comme dans le Parc du château cet été ou lors de la Fêtes des Fifres.

Et parmi les grands projets du mandat, que peut-on citer ?

La jeunesse est la priorité numéro une, à commencer par un grand projet de restauration de l’école maternelle du Centre avec un périscolaire de 120 places ; sortir un plan de climatisation rapidement, d’ailleurs la végétalisation des écoles a commencé ; créer une maison de la famille et de l’enfant qui regroupe la petite et la grande crèche, mais également un lieu parents-enfants, et pourquoi pas une classe passerelle en cas de difficultés de langue ou de propreté, ainsi qu’un espace adolescent, et aussi une partie sénior. Dès l’année prochaine, nous voulons raccrocher l’animation sénior du CCAS pour donner à mon adjointe une véritable logique d’accompagnement. Donc le champ jeunesse englobe tout, jusqu’à la personne âgée !

Qu’en est-il de l’attractivité de la ville ?

C’est le deuxième champ important : créer de la dynamique, animer la ville et qu’elle soit plus propice à s’y promener, s’y sentir bien. Par exemple, le chantier de la friche Sorebi pour en faire un poumon de respiration, avec des arbres, un boulodrome, un espace bien-être animal… Il s’agit aussi de faire venir de nouveaux habitants, avec le projet de développement du quartier Baumgarten. Ensuite, ouvrir notre musée en reconstruction, réfléchir à la MAC qui a 40 ans et ne répond plus forcément aux exigences du public, aménager les mobilités, l’accessibilité, construire avec les commerçants… Également un projet important pour nous, bien qu’il soit privé, c’est d’aboutir à une solution pour la friche Leclerc qui date de 2019. Enfin, la sécurité dans la ville est le troisième point, moins d’incivilités, des espaces plus propres, grâce à la vidéo-verbalisation et à la prévention.

On vous connaît également comme arbitre de foot, quelque chose a changé depuis votre élection ?

Je suis arbitre depuis 2012 et avant d’être élu, j’arbitrais 20 à 30 matchs par saison, là j’aimerais arriver à une quinzaine. D’abord parce que le sport c’est important, mais aussi parce que le lien social est totalement différent de celui en mairie, c’est avoir les pieds sur terre, prendre beaucoup de plaisir et être en équipe au niveau régional, on discute, on lâche prise. Dans les vestiaires, j’entends « ah vous êtes mon maire », et sur les terrains, parfois on me crie M. le Maire au lieu de M. l’arbitre !

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