Valoriser les déchets, décrocher les labels LPO ou 4-libellules pour le jardin thérapeutique, remplacer les fenêtres des années 80… En dix ans, le CHH a fait baisser ses consommations d’électricité de 24%, de gaz naturel de 53% et d’eau de 40% « alors même que l’activité et la surface ont augmentées » d’après Mathieu Rocher, le directeur. « Nous pensions être bons alors que le plus gros est devant nous : comment changer notre philosophie du soin pour intégrer la dimension écologique ? »
Avec Céline Klein, gestionnaire risques et environnement depuis 2007, ils intègrent le parcours Grand Est du CEC en 2025 pour « changer de modèle et avoir un impact positif plutôt que neutre ». Seul hôpital parmi une vingtaine d’entreprises, associations, syndicats de déchets, périscolaires, le binôme participe à six sessions de conférences et d’intelligence collective pour « fixer le cap à dix ans, nous bousculer, diffuser des idées ». Convaincus, ils se veulent pionniers sur deux axes : l’éco-prescription et l’intégration de la nature comme support de soin.

Éduquer les patients aussi
L’éco-prescription consiste à « privilégier la voie orale à la voie intraveineuse, par exemple pour du paracétamol. Cela génère moins de déchets et moins de gaz à effet de serre dans la fabrication », détaille Céline Klein. Elle avance aussi la déprescription comme pour les anti-acides pas toujours nécessaires, diminuer le matériel des kits de suture entre autres, ou encore réduire les examens de biologie et d’imagerie. « Dans un secteur très normé, il n’y a jamais de solution simple », glisse le directeur, il faudra passer par la pédagogie pour les 2200 personnels soignants, la formation pour les infirmiers de l’IFSI et l’éducation des patients. « L’affichage en interne et challenger les équipes avec des primes » permet aussi d’avancer selon Céline.
Enfin, avec 4,43 ha d’espaces verts autour de l’hôpital, « la renaturation accélère pour servir aux soins », poursuit-elle. Le jardin thérapeutique aide « aux soins palliatifs, à la rééducation, à l’addictologie, mais aussi aux familles ». Et la nature fait son entrée dans l’hôpital, notamment en chirurgie ambulatoire : une magnifique photo de la forêt de Haguenau décore le couloir avant le bloc, et une musique apaisante accompagne les patients « pour faire baisser le stress et l’anxiété, et du coup la médication ».



