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Joseph Fenninger, le théâtre « entre le rire et les larmes »

La programmation Territoire 1870 bat son plein tout l’été dans le nord de l’Alsace*, et la pièce de théâtre bilingue L’Alsace dans la tourmente sera jouée les 28, 29 et 30 juillet, 4, 5 et 6 août à la salle des Fêtes de Froeschwiller**, avec trente comédiens sur scène. Retour sur une création qui boucle la carrière de Joseph Fenninger, auteur et metteur en scène haguenovien prolifique.

Vous avez écrit 1870 – Froeschwiller – L’Alsace dans la tourmente en 1979…

Joseph Fenninger : Et ce sera ma dernière : ‘s isch jetzt Zit ! Il y a quarante ans, j’avais préparé ce spectacle avec mes élèves quand j’étais professeur au collège de Woerth. Il avait eu un succès incroyable, avec 400 personnes tous les soirs dans la cour du château et des représentations supplémentaires. Ç’a été le début de ma carrière d’auteur, j’ai écrit une vingtaine de pièces et monté quasiment autant, et quelques gros spectacles. En 1989, par exemple, Les tribulations des sans-culottes à Haguenau, une des Sagas de Saverne…

Est-ce votre métier de professeur de lettres qui vous a amené au théâtre ?

Non, c’est par bêtise ! (rires) A l’époque j’étais prof à Wissembourg et il fallait un prête-nom pour le club de théâtre. Finalement je me suis retrouvé seul sans aucune connaissance, alors j’ai fait des stages de formation et quatre ans dans la troupe des Comédiens du Rhin…

En 2020 et 2021, des marches aux flambeaux avaient commémoré les événements du 6 août 1870. / ©DR

Et le passage à l’écriture ?

À l’époque un certain Jean-Marc, en 3e, m’a dit : « Monsieur, vous savez ce qui s’est passé ici ? » Oui bien sûr, mais je ne savais rien sur la guerre de 1870, sauf qu’il y avait eu une bataille, un monument… Alors on s’est lancé là-dedans sans vraiment y croire, on a épluché les chroniques locales, notamment celle de Froeschwiller écrite par le pasteur Klein. C’est devenu une pièce historique entre le rire et les larmes. Par exemple les deux vieux qui ont planqué tous leurs vivres, et les Prussiens débarquent et les exigent : « D’Wiver ? Ich hab’ nur ein, die langt mir ! » Ce rôle, je me le garde, pour la dernière…

C’est l’histoire de l’Alsace qui amène le tragi-comique…

Toujours, et ma revendication est de défendre l’identité de l’Alsace. Dans la dernière scène, il y a quarante ans, je disais déjà que je voulais garder ma culture, avec les Deutsch Mark d’un côté, l’autoroute vers Paris de l’autre, et l’Alsace au milieu. C’est extrêmement émouvant. C’est d’un pessimisme profond, quand on fait le lien entre 1870 et aujourd’hui en Ukraine, j’ai l’impression que le monde est en train de régresser. Pour changer l’Homme, il faudrait qu’il soit plus cultivé.

(*) Programme à retrouver sur www.territoire-1870.eu
(**) Billetterie www.theatrechimere.com, 12€ en prévente. Restauration, animation musicale dès 19h30, spectacle à 21h30.

 

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