mardi 23 juin 2026
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Les grands Bretzels d’or – Emile et Monique Jung

Ils se rencontrent à Masevaux dans l’hostellerie familiale des Jung. Emile a déjà la bougeotte et les stages et formations au loin se succèdent. Monique arrive de l’école hôtelière de Strasbourg pour y travailler. Ils se plaisent et restent sept années dans le fief de la vallée de la Doller. Quelques mois après leur installation à Strasbourg, Émile et Monique Jung retrouvent l’étoile laissée à Masevaux dans l’édition 1972 du Michelin. Dès lors, l’ascension est fulgurante avec une quête de qualité et de précision qui permet d’atteindre la seconde en 1975 et la troisième en 1989. Le Crocodile vaut le voyage et Émile voyage beaucoup, laissant à Monique le soin de gérer les « affaires courantes », bien entourée en salle et en cuisine.

Après le départ d’Émile pour son dernier voyage, entouré de nombreux cuisiniers en vestes blanches, Monique se consacre aux activités bénévoles et caritatives. Elle accapare l’ami proche Maurice Roeckel pour une rédaction à quatre mains d’un ouvrage de 400 pages, une école de vie qui retrace leurs deux trajectoires parallèles : lui, le grand voyageur, elle, la bienveillante gardienne du Crocodile.

Émile Jung est sans aucun doute le meilleur ambassadeur que l’Alsace et sa gastronomie aient connu. Il avait toujours le bon mot, le geste précis, il était toujours partant pour de nouvelles aventures. Il était aussi fin dégustateur, meilleur sommelier de France et promoteur mondial des vins d’Alsace, avec toujours une bouteille dans sa valise. Le couple a vécu dans une extraordinaire complémentarité et brillé au firmament de la gastronomie alsacienne. Tous, clients, collaborateurs, fournisseurs, chefs et amis qui ont eu la chance de fréquenter leur établissement gardent un souvenir ému, et l’œil pétillant de tendresse et d’affection. Le couple a tissé à Strasbourg d’ineffaçables réseaux d’amitié et de fidélité, dont le célèbre club du Crocodile. La belle légende du saurien ramené à Strasbourg par le capitaine Ackermann reste gravée dans cette rue de l’Outre, qui devrait s’appeler rue du Crocodile ou mieux encore, rue Monique et Emile Jung.

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