mercredi 24 juillet 2024
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On Ruffet le Match #33 Ode à Dim’

C’est curieux de se dire qu’on a pu vivre une page d’Histoire. De la voir s’écrire, ligne après ligne, prendre de l’épaisseur, et d’en avoir pleinement conscience au moment du point final. Sans exagérer, car même Frédéric Antonetti le dit, Dimitri Liénard mérite « un ou deux chapitres dans l’Histoire du Racing ».

Mais Dimitri, c’est même un peu plus que ça encore. Parce qu’il est arrivé au moment où le Racing club de Strasbourg ne ressemblait plus à grand-chose, et qu’il a appris à aimer ce club, avant de vouloir coûte que coûte lui rendre ses lettres de noblesse. Le Belfortain a signé en Alsace alors que le club revenait en National, lui qui arrivait de Mulhouse, en CFA2, et n’avait jamais joué si haut.

À chaque étape, on se demandait s’il avait le niveau pour passer le cap suivant. Et toujours, il a progressé. Toujours, compensé ses lacunes par une débauche d’énergie hors norme. Son bagage s’est étoffé, il a travaillé très dur pour rester un rouage essentiel de ce qui redevenait une grosse machine.

Un cœur qui bat

Je l’ai vu enchaîner les centres et les coups francs sous le regard avisé de Jacky Duguépéroux. Dimitri avait une qualité de pied, mais il a su l’optimiser, encore et encore pour être capable, un soir de mai 2018, d’envoyer le coup franc d’une vie face à Lyon, dans une Meinau qui a vibré pendant de très longues minutes, ivre d’un maintien enfin décroché. Être capable aussi de caresser une Panenka en finale de la coupe de la Ligue 2019, pour offrir ce titre qui manquait depuis si longtemps au club strasbourgeois.

Surtout, ce qu’il faudra retenir, c’est l’homme. Qui d’autre pouvait venir avec une bière en zone mixte après un match ? Qui d’autre pour se qualifier de « paysan de Belfort » ? Dans les bons, comme dans les mauvais moments, Liénard ne s’est jamais défilé. Il a toujours parlé avec son cœur, avec l’âme des gens simples qui vivent les choses à fond, et refusent d’abdiquer même quand ça va mal.

L’hommage rendu par le kop lors du match face au PSG n’est pas démesuré. Ou plutôt si. Mais il va si bien avec le personnage, que c’était le minimum à faire. Une Meinau qui scande dix minutes le nom de Liénard, sous un tifo énorme, alors que Mbappe et Messi foulent la pelouse à ce moment-là : ce symbole-là dit tout d’un football qui est en train de disparaître, celui du petit gars de Belfort, qui a fait briller très fort une étoile que l’on croyait morte.

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