Querelles de famille

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Personne n’est épargné : de tout temps, en tout lieu, dès qu’on creuse un peu, il y a de quoi s’amuser. Qu’il s’agisse de fratries, d’ascendants, de descendants ou de parentèles – recomposées ou pas – à divers degrés, nous sommes tous concernés !

Quand on était petits, cousin Machin était salement le préféré de Mamie : elle lui servait toujours les meilleurs morceaux de viande, et nous, on se coltinait les bouts avec du gras. Tantine Dondon a toujours eu tonton Toto dans le pif, la preuve, à chaque Noël elle lui offre une écharpe pourrie. C’est comme ça, on n’y peut rien, qui dit famille dit embrouilles, et celui qui me convaincra du contraire n’est pas encore né.

Même les grands hommes ne sont pas épargnés !

Prenons notre Albert Schweitzer, l’une de nos fiertés locales, avec sa grosse moustache et son casque colonial. J’ai récemment appris qu’il avait un jour été traité de « plus grand filou qui soit » par Jean-Paul Sartre. Déjà, en soi, la chose fait sourire. Mais le plus beau reste à venir, car le philosophe n’était autre que le petit cousin du docteur-pasteur-organiste-prix Nobel. Et si l’insulte s’expliquait par une fâcherie familiale ? Une vieille rancune (au moment du rattachement de la région à l’Empire allemand en 1871, les parents d’Albert avaient décidé d’y rester, alors que le grand-père de Jean-Paul avait opté pour la France).

Ou une affaire plus récente (par quelque alchimie improbable, le petit Jean-Paul a pu avoir été obligé de porter des vêtements ridicules ayant appartenu à son grand cousin Albert). On ne le saura jamais. Mais c’est très bien comme ça : les affaires de famille, ça doit rester… en famille.