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Sauer et Soultzbach – L’homme ne fait plus barrage à la nature

Le programme de restauration écologique européen LIFE-Biocorridors est partiellement arrivé à son terme avec la restitution à la nature de chantiers situés à Woerth, au Liebfrauenthal et à Langensoultzbach.

Il y a trente ans, au Sommet de la terre à Rio en 1992, « la dégradation de la biodiversité a été admise et l’Europe y a répondu par les outils financiers LIFE », décrit Marie L’Hospitalier, chargée de mission Natura 2000. Ainsi, le projet Biocorridors est transfrontalier entre Vosges du Nord et Pfälzerwald, et consiste à « recréer et restaurer des continuités écologiques en milieux aquatique, forestier et agricole ». Démarré en 2016, il pèse 5,6 millions d’€ dont 2,5 M€ concernent uniquement les cours d’eau, financés principalement par l’Europe et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse.

Propriétés privées ou domaniales

Fin mars ont donc été inaugurés trois ouvrages, en compagnie des acteurs des travaux, mais aussi des écoliers qui ont suivi activement le retour à la nature de la Sauer et du Soultzbach. Sur des propriétés privées ou domaniales, « chaque projet était unique », poursuit Marie L’Hospitalier. Au Liebfrauenthal par exemple, « on a restauré totalement la continuité de la rivière en effaçant un barrage qui n’avait plus d’usage, et enlevé toutes les installations humaines qui corsetaient la rivière pour lui donner un nouveau souffle et créer une prairie sur 2 ha ». À Woerth, idem, un barrage a été enlevé et des prises d’eau recréées pour alimenter les étangs des particuliers. À Nonnenhardt, « le plus ambitieux en termes de travaux », il a fallu enlever des digues de 8,50m pour rouvrir la vallée, supprimer des étangs et mettre en sécurité Langensoultzbach à 1 km en dessous.

Au Liebfrauenthal, avant/après la renaturation du site. / ©Sinbioscop

Profiter à la faune et à la flore

L’objectif des opérations revient à « faire sauter les verrous que l’homme a posés sur les milieux naturels au cours des siècles pour répondre à ses besoins », et, quand bien même le paysage doit être profondément modifié, accepter que certains usages ne sont plus nécessaires aujourd’hui. Au final, la renaturation doit profiter à la faune et à la flore. Là où l’eau était trop chaude à cause des retenues, la rivière serpente à nouveau et pourra accueillir des lamproies et des chabots, deux espèces sauvegardées dans le cadre de Natura 2000, en harmonie avec les truites fario, les tritons alpestres et les grenouilles rousses.   

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