Construite en 1766, l’église catholique Saint-Martin de Seebach s’est dotée d’un orgue en 1776, « tel qu’on le voit, la façade a pratiquement sa configuration d’origine », commence Aloyse Marmillod, l’un des organistes. « Parfois, je m’assieds et je regarde 10 min en silence », glisse-t-il. Amoureux de son orgue, il est allé chercher des informations au-delà de sa mémoire, chez les habitants, sur internet, pour étayer la partie historique du livre, tandis que Matthieu Frison (organiste également) et Isabelle Weber (choriste) ont « présenté les temps forts depuis 1990, avec 130 photos et des biographies. À l’époque, l’église et l’orgue faisaient partie de la vie du village, avec les mariages, les enterrements, les fêtes. Nous avons voulu mettre à l’honneur l’instrument et ses acteurs », complète Isabelle.
Tandis qu’Aloyse ouvre les portes du buffet pour découvrir le mécanisme interne, il explique que les facteurs —Ferdinand Stieffell de Rastatt en 1776, l’Alsacien Roethinger en 1926-27 qui l’élargit après l’agrandissement de l’église, et enfin Gaston Kern en 1992—, changent le système de soufflet. « Cela fonctionne comme un accordéon. La pneumatisation est arrivée avec l’électricité, mais il manquait de peps, le cuir craquait. Je me souviens des seaux d’eau qu’on disposait pour humidifier l’air ! » sourit l’organiste. Sous son impulsion, l’orgue à bout de souffle revient au système mécanique en 1992. Il est aussi remis à sa taille de départ mais se voit doté d’un second clavier

Les concerts du jubilé
Quant aux tuyaux, ils sont d’origine. Mais en Alsace, « seulement 5% des orgues ont échappé à la fonte des métaux en canons en 1917… » Aloyse tire un tuyau muet de la façade : « La signature de Stieffell ressemble vraiment à celle de Silbermann, c’est ce qui a trompé les contrôleurs ». Aujourd’hui l’orgue est « au même diapason qu’une trompette, ce qui permet de jouer ensemble », ajoute-t-il. Avec les deux autres organistes, Matthieu Frison et Nathan Weber, ils ne s’en priveront pas : ils joueront pour le concert du jubilé le 28 juin, puis le 16 août, le 27 septembre et le 5 décembre. Aloyse se réjouit : « C’est un plaisir d’en jouer, on est reparti pour au moins 150 ans ! »
Le chiffre
824 : C’est le nombre de tuyaux de l’orgue Stieffell, ils mesurent de 1 à 5 m et sont en étain et en bois



