Née en Russie, Elena Guibert est arrivée en France à 12 ans. Sa vie, elle l’a principalement vécue à Strasbourg, avant de s’installer à Bischwiller en 2017. Après de longues années dans la restauration et le milieu hospitalier, deux secteurs exigeants qui l’ont conduite au burn-out, elle a ressenti le besoin de changer de voie et de redonner une place à sa créativité : « En 2022, j’ai décidé de me reconvertir. J’ai repris les études au GRETA d’Illkirch-Graffenstaden, pour devenir fleuriste », explique-t-elle. Un an plus tard, une fois diplômée, Elena a lancé son activité : « Au début, elle était secondaire. Je travaillais surtout à la commande, en me rendant sur des marchés. J’ai fonctionné ainsi jusqu’à début 2025 ». Date à laquelle elle a décidé d’ouvrir sa propre boutique, La Bouturette, à Bischwiller.
Une nature libre
Indépendante, Elena Guibert réalise des bouquets de fleurs « flous, champêtres ou déstructurés », des décorations florales et des créations sur commande pour les particuliers comme pour les professionnels. Ses spécialités sont les kokedama – un art végétal japonais qui consiste à cultiver une plante dans une sphère de substrat entourée de mousse, maintenue par du fil, plutôt que dans un pot traditionnel, qu’elle a appris auprès d’une des pionnières en France – et les terrariums, minutieusement composés à la main : « Je crée également des couronnes et des compositions en fleurs séchées, sans jamais recourir aux fleurs artificielles ».

D’avril à octobre, Elena privilégie les fleurs locales et de saison : « Lorsque c’est nécessaire, il m’arrive de me fournir chez des producteurs français, hors d’Alsace, mais aussi européens. J’évite au maximum l’international ». Convaincue que « les fleurs provoquent des émotions », elle propose aussi des ateliers toute l’année, dans sa boutique ou à l’extérieur, pour partager son savoir-faire dans une ambiance conviviale : « Les participants choisissent ce qu’ils veulent apprendre. Ce sont des moments de paix, de partage. Je suis ouverte à toutes les propositions », conclut la fleuriste. Quand elle le peut, Elena n’hésite pas à collaborer avec des artisans, pour donner vie à des créations à quatre mains.
Pour la petite histoire
Pourquoi « La Bouturette » ? Ce nom est apparu naturellement à Elena lorsqu’elle cherchait une allusion au verbe bouturer.



