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On Ruffet le match #9 Un match de bonhommes

C’est marrant cette expression, non ? Je l’ai moi-même utilisée récemment à l’issue d’un match de district, remporté de haute lutte. « C’était un match de bonhommes ! » On comprend tout à fait où on veut en venir : il fallait sortir les coudes, les épaules, les genoux, les bras, aller au duel, mettre de l’impact.

Dans la société actuelle où l’on interroge tout, tout le temps, du coup je m’interroge. Parce qu’au final, chez les filles aussi, parfois, on fait des matchs de bonhommes. Et personne ne trouve rien à redire. Chez les filles aussi, il y a des matchs de bouchers. On n’entend pas dire alors « un vrai match de bonnes femmes », ou « un match de bouchères ».

Et puis y’a un autre truc qui me dérange. Si je ne suis pas moi-même un modèle de légèreté sur un terrain – petite tendance à laisser traîner le pied, faut bien dire – je n’en reste pas moins un amoureux de l’élégance : Bergkamp, Zidane, Cruyff, Platini. Ou actuellement au Racing un Sanjin Prcic. Vous remarquerez que ce sont tous des hommes. Mais quand vous allez évoquer «un match d’hommes», vous allez plutôt penser à Gerzino Nyamsi ou Nicolas Pallois.

Quoi d’autre ?

On a donc une double contradiction. Allez dire à Zizou que c’est pas un bonhomme, vous allez être reçus. Maintenant, la question se pose : par quoi remplacer cette expression, durablement inscrite dans notre imaginaire et notre vocabulaire sportif (car oui, elle n’est pas réservée au football : rugby, hand, basket ont aussi leurs matchs de bûcherons) ?
Un match très dur physiquement ? Mouais, pas fou. Très banal. Un match où il faut savoir prendre et donner des coups ? Trop long. Un match haché ? Trop dur à dire. Un match violent ? Bah nan, pas forcément. Ça peut être viril, sans être forcément illégal. Raaaa mais non Seb ! Viril, « qui se rapporte à l’homme adulte », selon le dico !

Bon, on le voit, on s’en sort pas. Alors tournez-le comme vous voulez, je crois que le dimanche midi, après un match où l’arbitre aura dégainé un rouge et quatre jaunes, où un joueur sera sorti avec une balafre de 10cm sur le genou et où les chevilles auront vrillé, une bière à la main, on continuera à dire que ce matin, bah ouais, c’était un match de bonhommes.

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