Au départ de l’Office de tourisme de Rhinau, situé sur les rives du Rhin, le Sentier des sources invite à une immersion naturelle douce, à pied, à vélo ou en courant. Quelques centaines de mètres après son départ, le parcours emprunte une portion du parcours de santé local, avant de traverser successivement plaines humides, bois et champs, sur plus de 10 kilomètres. La géographie particulière des lieux façonne le paysage. La pente de la vallée du Rhin s’adoucit, permettant à la nappe phréatique de faire son apparition. Autrefois, ces résurgences étaient appelées Donnerlöcher, ou “trous d’éclairs”, car elles semblaient percer le sol pour donner vie à des ruisseaux. Sept étapes majeures, correspondant à sept sources, jonchent le parcours.

Toutes sont indiquées par des panneaux informatifs. Chacune a sa petite histoire. Par exemple, la première, Hanfröste, est nommée ainsi car les locaux y lavaient le chanvre autrefois ; Kamillenkopf, car la source était entourée de champs de camomille ; ou encore Siropquelle, car l’eau qui y coulait était riche en minéraux, aux qualités remarquables. Carte postale typique de la forêt rhénane, entre roseaux et joncs, mais aussi animaux en tout genre, composent le Sentier des sources. En prenant le temps de découvrir chaque recoin du parcours, la marche peut durer jusqu’à trois heures. Petit conseil : antimoustiques, chapeau et gourde vous rendront la balade plus agréable.
Un Rhin rectifié
À l’origine, avant que des travaux soient entrepris, le tronçon du Rhin était très instable : il formait de multiples méandres et disposait de nombreux bras, provoquait des inondations fréquentes dans les villages et les terres agricoles environnantes et rendait la navigation lente et dangereuse. L’essentiel des travaux a été mené sous l’impulsion de l’ingénieur badois Johann Gottfried Tulla, à partir de 1817.

Ainsi, en un siècle, le cours du fleuve a été rectifié, l’écoulement a été accéléré et les berges ont été stabilisées. Si les travaux ont beaucoup servi, ils ont aussi eu beaucoup d’effets négatifs : disparition de zones humides et de biodiversité, assèchement de la nappe phréatique dans certaines zones, artificialisation du fleuve… Depuis la fin du XXe siècle, des projets de coopération entre la France, l’Allemagne et la Suisse cherchent à rééquilibrer les effets en restaurant d’anciens bras du fleuve et en protégeant les écosystèmes rhénans.
L’info en plus
Le parcours dispose d’une boucle de 5 kilomètres. Le départ peut aussi se faire depuis la rue de la Digue à Daubensaud.



