mercredi 29 avril 2026
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Soufflenheim. José Guerra : « Dans le footgolf, je suis face à moi-même »

Ancien footballeur professionnel passé par le Racing, José Guerra a trouvé un second souffle sportif. Depuis 2022, il pratique le footgolf, un sport mêlant football et golf. Classé parmi les meilleurs joueurs du monde à 61 ans, il participera à la Coupe du Monde du 26 mai au 7 juin au Mexique. Avant ce rendez-vous de prestige, il sera aligné pour la Cup, le dernier rassemblement de l’équipe de France avant le mondial, les 2 et 3 mai à Soufflenheim. Rencontre.

Maxi Flash : José, vous êtes né au Portugal. Quelle est votre histoire ?

José Guerra : En effet, je suis né à Lisbonne. À 6 ans, mes parents ont fui la dictature pour rejoindre la France. Ainsi, j’ai grandi à Châtenois. J’y ai appris à parler français, mais aussi l’alsacien, par la force des choses. Je parlais alsacien dans la cour de l’école, français en classe et portugais à la maison. C’était perturbant, mais j’en garde de très bons souvenirs.

Et la découverte du ballon rond, c’était quand ?

Durant le voyage vers la France, mes parents m’ont acheté un ballon en plastique, que je n’ai plus jamais quitté. Il est devenu mon meilleur ami. Une fois en Alsace, j’ai commencé à jouer au football en cachette, car mon père préférait que je me concentre sur l’école et que je m’occupe du jardin. Je jouais au football clandestin (rires).

Très vite, le football a commencé à prendre de la place…

En effet, après avoir fait toutes mes classes à Châtenois et avoir été surclassé tout au long de mon apprentissage, j’ai été contacté par le Racing Club de Strasbourg, par l’intermédiaire d’Arsène Wenger, à seulement 16 ans. En 1981, j’ai intégré le centre de formation, tout en travaillant à côté. Ce rythme de vie m’a aidé à me forger, ça n’a pas été facile tous les jours.

José Guerra, avec les couleurs de son club l’Association Foot Golf Soufflenheim (AFGS). / ©DR
Après une année au centre de formation, vous n’avez pas poursuivi au Racing. Qu’avez-vous fait ?

J’ai découvert différents clubs, comme l’AS Strasbourg en D3 (1982-1985), mais aussi le Vauban en D3 (1985-1990), aux côtés de Jacky Duguépéroux, Jean-Jacques Marx ou encore Didier Six alors que je travaillais chez Mammouth. En 1990, à 26 ans, j’ai pu goûter au football professionnel en intégrant le Racing Club de Strasbourg. Mon plus beau souvenir reste la montée en D1, à l’issue de la saison 1991-1992, avec Gilbert Gress comme entraîneur. Quand mon contrat s’est arrêté en 1992, j’ai pris la direction de l’UNFP. Après un an à La Roche Vendée (1992-1993), j’ai mis un terme à mon contrat et je me suis dirigé vers le football amateur en rejoignant le Sporting Club de Schiltigheim. Après sept années comme joueur, j’ai décidé de raccrocher les crampons et de devenir entraîneur. En 1995, tout en coachant, j’ai intégré les Grands Moulins de Strasbourg, où j’ai travaillé pendant 28 ans, jusqu’à leur disparition.

2023 a été une année de rupture. Que s’est-il passé ?

Ma mère est tombée gravement malade, les Grands Moulins de Strasbourg ont fermé, j’ai quitté Colmar et rejoint Molsheim où le projet n’était pas abouti… J’ai pris des décisions : être aux côtés de ma mère, arrêter d’entraîner, me concentrer sur ma fin de carrière professionnelle et sur le footgolf, un sport découvert un an plus tôt.

En le pratiquant, on apprend constamment, même à 61 ans

Qu’est-ce qui vous plaît dans le footgolf ?

Dans le footgolf, je suis face à moi-même. Toutes les problématiques rencontrées, nous devons les affronter seuls. C’est un sport mentalement difficile, très stratégique, dans lequel il faut rester concentré du début à la fin. C’est un véritable ascenseur émotionnel. En le pratiquant, on apprend constamment, même à 61 ans. L’état d’esprit de compétiteur est mis à rude épreuve. Ce sport mérite d’être davantage connu. La France est championne du monde et d’Europe et compte les meilleurs joueurs et joueuses dans toutes les catégories.

Vous excellez dans votre catégorie…

En 2024, j’étais n°1 européen et n°2 mondial ; en 2025, n°2 européen et n°2 mondial, car j’ai consacré beaucoup de temps au Championnat de France, en prévision du mondial 2026. J’ai fini champion de France de ma catégorie Senior Plus et quatrième dans la catégorie Senior. Ce classement me permet de me qualifier pour faire partie de l’équipe de France. Pour la Coupe du Monde qui se tiendra à Acapulco (Mexique) du 26 mai au 7 juin, je disputerai le tableau individuel en Senior Plus et le tableau par équipe en Senior. C’est assez exceptionnel de pouvoir vivre un tel moment à mon âge. Je suis fier de représenter la France.

Vous êtes licencié à Soufflenheim. Le golf accueillera plusieurs événements d’exception cette année !

Effet. Les 2 et 3 mai se tiendra la Cup, le dernier rassemblement de l’équipe de France avant la Coupe du Monde. Ensuite, du 7 au 9 août, l’Open de France y sera organisé, sur un parcours de 18 trous inédit : une grande première. En fin d’année, Soufflenheim accueillera aussi la finale des tours régionaux. Avec l’arrivée des beaux jours, nous aimerions également multiplier les initiations pour des novices intéressés ou des entreprises. Rien qu’en 2025, le golf de Soufflenheim a accueilli près de 500 visiteurs uniquement pour découvrir le footgolf.

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