lundi 21 septembre 2026
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Vincent Froehlicher – La réponse positive de l’ADIRA

Il l’avait prévenu : Claude Sturni, le nouveau président de l’ADIRA depuis juin, lui a dit que Maxi Flash est un média positif, alors Vincent Froehlicher va rester fidèle à cette ligne. S’ils se sont côtoyés sur les bancs de l’École de management de Strasbourg, le maire de Haguenau et le directeur général de l’ADIRA ont aussi en commun une enfance haguenovienne. Malgré un penchant littéraire, Vincent Froehlicher a suivi les désirs de son père banquier qui le voyait faire carrière dans les affaires. Passé par la publicité, la communication et le conseil aux entreprises, il entre en 1993 à l’ADIRA pour « prospecter autour du monde » avant de gravir les échelons de l’Agence pour le Développement et l’Industrialisation de la Région Alsace fondée en 1950. En télétravail depuis sa maison de Saales, Vincent Froehlicher est heureux de présenter son activité.

Quelles valeurs partagiez-vous avec l’ADIRA à votre arrivée en 1993 ?

L’ADIRA fait la même chose depuis 1950, cette volonté de pérenniser les emplois locaux, de recréer de l’emploi par le local, mais toujours avec cette idée de l’Alsace de l’après-guerre : dire aux Allemands, aux Suisses mais aussi aux Japonais, on est au cœur de l’Europe, venez vous installer chez nous et profiter de cette dynamique européenne. Les cinq premières années, j’ai voyagé autour du monde, mais je me suis engagé pour l’Alsace, pour la promotion de ma région de cœur—on est une bonne famille alsacienne—et dans un contexte politique plus grave que défendre l’Alsace. Dans ces années-là, on prospectait dans le contexte des premières délocalisations, on voyait partir des pans de notre industrie dans les pays de l’Est, et plus tard en Chine…

En 2001, vous devenez directeur adjoint, et en 2007, directeur général. Quel est votre quotidien ?

Le siège de l’ADIRA est à Mulhouse, mais je télétravaille beaucoup, et mon bureau est là où mon iPhone trouve un wifi ! Je suis extrêmement mobile, en entreprise, mairie, à la CeA, avec une sénatrice, etc. La diversité des interlocuteurs et des problématiques fait l’intérêt de mon métier et le fait qu’en 35 ans je ne me sois jamais lassé. Nous vivons dans un monde de projets incessants, un chef d’entreprise a tous les jours des projets, de même les élus dans les collectivités. Quelle que soit la conjoncture, boom ou dépression, d’une façon ou d’une autre, ça ne s’est jamais arrêté.

Au regard de la conjoncture, peut-on dire que l’Alsace s’en sort mieux que les autres régions ?

L’Alsace est impactée exactement pareil que la plupart des régions de France et de l’Europe par les bouleversements géopolitiques, économiques, sociaux, technologiques, l’arrivée de l’IA, la hausse des matières premières, la nécessité de décarboner, la démographie… Après le grand phénomène de rattrapage post-covid de 2020 à 2024, l’année dernière, le nombre de projets nouveaux a été en baisse et le nombre de défaillances d’entreprises en hausse. C’est toujours vrai depuis le début 2026, mais le miracle de l’entrepreneur c’est que même dans les moments plus tendus, des gens ont des idées, trouvent des marchés, créent des entreprises ! Et tous les secteurs ne sont pas en crise, par exemple la santé, le numérique, l’aéronautique, le ferroviaire… Donc oui, bien que nous soyons serrés sur la disponibilité foncière et de main-d’œuvre, l’Alsace continue à plutôt se distinguer parce qu’il y a des fondamentaux forts et un beau tissu d’ETI que tout le monde connaît : Soprema, Socomec, Cuisines Schmidt, Bubendorff, Meteor, et d’autres. Nous restons aussi très attractifs pour les investisseurs étrangers, comme Amazon, Microsoft ou Kawasaki tout récemment.

De réunions en visites d’entreprises, le quotidien du directeur n’est jamais le même ©DR

L’ADIRA accompagne environ 500 grandes entreprises et 40 intercommunalités, et depuis 2020, développe aussi la Marque Alsace…

Oui, l’objectif est de donner de la visibilité à l’Alsace dans TOUS les domaines d’excellence et de rayonnement, industriel, touristique, scientifique, gastronomique, artistique… à travers des multitudes de partenariats et d’événements, et un énorme travail sur internet et les réseaux—avec 17 comptes nous avons 2,5 millions de followers ! L’équipe gère les dispositifs Commerçant d’Alsace, Artisan d’Alsace, Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace avec l’agriculture locale, Alsace Qualité, Alsace Excellence, Fabriqué en Alsace, et Bien en Alsace, avec nos partenaires, CCI, CMA, ARIA etc. On s’est donné trois valeurs à l’ADIRA : être experts, innovants, et fédérateurs. Quand on a la charge de la Marque Alsace, on ne peut pas se permettre de ne pas être fédérateur, et tous ces dispositifs sont en progression.

D’autres actions récentes de l’ADIRA sont moins connues, comme l’Impact score territorial. Qu’est-ce que c’est ?

Il est vrai qu’on ne s’oblige pas à avoir une communication grand public, elle est plutôt orientée vers les grands comptes, et pourtant, les collectivités fonctionnent avec nos impôts. Ce que nous développons en termes d’Impact score est à mentionner notamment après cet été : peut-être tous les lecteurs sauf Donald Trump s’inquiètent du dérèglement climatique. On va devoir être de plus en plus précautionneux sur les projets qu’on soutient ou implante, qu’ils soient plus utiles, ou répondent à des besoins non pourvus, s’intègrent de façon environnementale et énergétique… et l’Impact score est une tentative d’avoir une grille de sélection. L’inclusivité sociale est aussi un des piliers, avoir un bon job, dans un territoire agréable à vivre. Il est mis à disposition des décideurs publics, car l’ADIRA est un outil des collectivités locales, son rôle n’est ni prescriptif, ni de contrôle.

La ligne de l’ADIRA est la même depuis sa création. Qu’en est-il de l’avenir ?

Ce qui est certain, c’est que moi je ne serai plus là (rires). Je pense prendre ma retraite dans les deux ans qui viennent… Quant à l’avenir, rien n’est certain, ce sont nos financeurs qui décident. L’ADIRA est financée à 40% par la Région Grand Est, 40% par la Collectivité européenne d’Alsace et 20% par les intercommunalités, et a des partenaires fidèles comme la Chambre de commerce et d’industrie et le Port autonome de Strasbourg. C’est quand même un budget de 4,5M€, si depuis 75 ans les collectivités qui sont sous pression financière continuent de nous financer, c’est qu’on amène un service utile ! (Pause) Alors c’était positif ?

Oui et ultra-local !

Mon président sera content.

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