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Automobile – Kevin Petit, côte et cœur

C’est une discipline qui a longtemps passionné les Alsaciens. Si la course de côte connait un creux, l’engouement revient petit à petit autour de ces rushs remplis d’adrénaline. «Sur une montée, je suis en apnée», atteste Kévin Petit, qui vise le toit de l’Europe dans les prochaines années. Rencontre avec un jeune pilote qui monte. Forcément.

La course de côte, on n’y vient jamais vraiment par hasard. Pour Kévin Petit – qui a vu le jour à Bourgoin-Jallieu il y a 24 ans, mais qui s’est installé du côté de Lingolsheim il y a trois ans – c’est déjà une histoire personnelle. Dans la famille, on pratiquait l’exercice sur quelques montées pentues des Alpes, mais l’amour de la discipline n’est pas que dans l’héritage. Pour Kévin, c’est aussi une conjonction d’arguments de jeunesse :
Déjà, c’est la discipline la plus spectaculaire, et en termes de sensations, c’est extrême. Le circuit, ce n’est pas la même adrénaline. Là, tu prends un vrai shoot. Pendant, une minute, deux minutes, je suis en apnée. »
Et pour emballer le tout, la course de côte, « c’est la discipline la moins chère au début. En début de carrière, c’est dur de trouver les premiers budgets, mais tu peux quand même réussir à t’illustrer ».

Quelques bons résultats peuvent alors permettre d’investir dans une voiture plus performante, et le cercle vertueux est lancé, un peu comme dans Gran Turismo, mais avec un vrai volant et pas une manette en main. La grosse différence avec le jeu vidéo, c’est que les risques sont réels. « C’est l’extrême à tous les niveaux. C’est risqué, et on le fait avec des voitures surpuissantes : c’est du 500cv pour 600kg ! La voiture est étudiée pour coller au sol et donc être très efficace. » Au moment de l’entretien, Kévin porte d’ailleurs une attelle, après avoir rencontré un bête arbre mal placé.

Comment vivre de sa passion ?

Petit à petit, Kévin élargit ses horizons.
« On m’a souvent dit que je ne pourrais pas vivre de la course de côte. C’est vrai que c’est pas évident, mais il faut générer du revenu autrement aussi. » Le pilote est donc également un véritable entrepreneur, qui passe – à son grand dam parfois – plus de temps derrière un ordinateur que sur l’asphalte. Il a aussi compris, génération oblige, que les réseaux sociaux étaient de formidables accélérateurs de notoriété.
« C’est marrant parce que dans notre sport, même si tu roules avec une GT4 à 400.000€, t’as pas forcément plus de médiatisation! T’es obligé de développer un peu tes propres médias parce que dans tous les sports, il n’y a que le très haut niveau qui est très médiatisé. En général, le sport auto reste ultra sexy, et comme c’est un sport individuel, les fans ont un rapport direct avec le sportif, du coup on est très vite connus par une communauté. »

« A l’époque de mon père, c’est le sponsor qui venait ! »

Et c’est ce que Kévin Petit a su développer : une communauté de quelques milliers de personnes qui suivent fidèlement ses aventures, comme son récent titre en coupe des Nations. Se placer médiatiquement lui a permis de s’assurer un partenariat avec l’Espace H par exemple, ce qui tombe plutôt bien pour cet amoureux des BMW depuis toujours. Cette gestion chronophage n’a pas que du bon: « C’est parfois trop de paperasse, trop de contraintes et de choses à faire. A l’époque de mon père, c’est le sponsor qui venait ! (rires) Mais je l’accepte. On arrive à développer une communauté, je suis maître de ce que je fais, c’est important aussi. C’est un temps nécessaire. J’invite qui je veux sur les courses. De toute façon, être lié au sport auto, c’est ça ma passion. »

La victoire en coupe des Nations, un moment inoubliable

Pour ses partenaires, Kévin Petit imagine plein de choses pour les mettre en valeur, car chacun a des attentes différentes : « Que cherche le partenaire ? Mes études de commerce me permettent d’imaginer des choses. Après, le plus dur, c’est de tenir les engagements ! » Avec son sourire de jeune premier période âge d’or d’Hollywood, le pilote sait que tout cela ne vaudra que si les résultats sportifs sont à la hauteur. Cette compétence est désormais reconnue avec quatre titres de champion de France de sa catégorie, ainsi que deux titres nationaux en jeune et la fameuse coupe des Nations remportée au Portugal en octobre dernier. Un souvenir gravé à vie : « C’est la première fois que la France gagnait… Il y avait 115 000 spectateurs sur les trois jours… Le podium, la médaille, la Marseillaise… » Les yeux brillent. Les images doivent défiler quelque part.

Loin d’être un achèvement, ce titre doit être un nouveau départ. Un élan. La Norma M20FC est homologuée FFSA, mais pas FIA. Kévin est donc « coincé » sur le territoire national pour l’heure.
« Mon but, c’est d’avoir la voiture qui me permettra de me frotter au niveau européen, d’aller sur les terres de la nation phare : l’Italie. »  Nul doute que lorsque l’on est guidé par la passion, les étoiles ont tendance à s’aligner. Aujourd’hui accompagné par le Sébastien Loeb Racing et le team Hélium Racing, Kévin Petit a trouvé en Alsace – en seulement trois ans dans notre verte contrée – les soutiens et les appuis qui lui permettront d’aller vers le sommet. Toujours plus vite.

Pour l’Espace H, Kévin a pris la pose avec Cécile Wolfrom, notre Miss Alsace
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