Hatten – La tartine de beurre, une production système D d’Amifilm

Produire des longs-métrages avec zéro euro et les mettre en ligne gratuitement : c’est le crédo de l’association Amifilm créée par le réalisateur Serge Schleiffer il y a vingt ans. Le film, sorti en 2023, est actuellement projeté dans les salles d’Alsace du Nord après avoir été tourné à Hatten.

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Des extraits de tournages. / ©Dr

A Roppenheim, télécommande en main, Claude Rinckel passe un extrait de La tartine de beurre, film dans lequel il tient le rôle de M. Roerigh. Après avoir répondu à une annonce de Serge Schleiffer pour Triste Secret sorti en 2015, le comédien de théâtre a, comme tout le monde, « passé une audition pour jouer le personnage ». De ses rôles de notaire, gangster ou chef des pompiers, Claude retient « la gestion carrée du
plateau », et le soutien des épouses, Mesdames Rinckel et Schleiffer en témoignent : la première « laisse faire », la seconde se dit à la logistique.

Serge Schleiffer (à gauche) et Claude Rinckel en grande discussion cinématographique / ©SB

69 rôles et 130 figurants

Car les réalisations de Serge Schleiffer ont besoin de nombreux bénévoles. De la Maison rurale de l’Outre-forêt, en décors naturels et dans des maisons, la production a orchestré « 69 rôles, 130 figurants, une trentaine de personnes en technique, c’est un système D bien rôdé ! Les familles font à manger, sinon on n’y arriverait pas ».

La tartine de beurre, troisième film sur la période 39-45, est tiré du roman éponyme de Marguerite Heyoppe-Kraemer, qui raconte son évacuation brutale de la maison forestière de Hatten en 1944. « Sa famille a été accueillie à la villa Roerigh, puis on les suit de cave en cave au rythme des combats », résume le réalisateur, actuellement en tournée de projections (*).

Des extraits de tournages. / ©Dr

Au rythme d’un film de 90 minutes tous les trois ans, Serge Schleiffer poursuit sa passion démarrée à 14 ans avec la caméra Super 8 de son père. Autodidacte, il a « commencé en bas de l’échelle » avant d’adapter des romans, en comédies, policiers, ou films historiques, sa préférence. Il a été agent de la Poste, et à ce titre, promeut son cinéma comme « non-professionnel », car « amateur » a des connotations péjoratives et toute façon, il ne gagne pas d’argent. Au contraire, quand Serge Schleiffer a été figurant, Jean-Pierre Darroussin lui a dit « Je n’en connais pas dix comme toi en France ! », de même selon Bernard Lecocq : « Faire des films sans argent, c’est impossible ». Avec Amifilm, la preuve que non !

L’affiche du dernier long-métrage d’Amifilm. / ©Dr

(*) Prochaines projections : à Roeschwoog le 24/02 à 20h30, Maison des œuvres ; le 02/03 à 20h à Hunspach ; le 23/03 à 20h30 à Eckwersheim. Infos sur www.amifilm.fr.